Sylvie Cousineau
CP Concept
Rabais À coup de plume

Trouffion de chat

Par Josée Durocher

C’est l’histoire d’un trouffion de chat dessiné par ma fille alors qu’elle n’avait que huit ans. Un trouffion de chat, c’est plutôt banal, allez-vous me dire, mais il venait avec le chat complet, voire la queue, les pattes et les oreilles aussi! Un peu d’humour!

Nous étions en visite chez tante Hélène quand la petite a eu cette soudaine inspiration pour dessiner le trou de pet d’un chaton sur une feuille qui traînait là. Fière de sa réalisation, elle s’est empressée d’offrir le fameux dessin à notre tante qui s’esclaffa de rire à la vue de cette image pour le moins inusitée.

De retour à la maison, je riais encore de la blague de ma progéniture et j’étais très fière de son sens de l’humour absurde. (elle aurait pu faire fortune dans le genre à une époque) J’ai alors lancé aux enfants : « Hey! Et si nous peignions un trouffion de chat sur une grande toile afin de l’accrocher sur le mur donnant sur la litière de Rosie, notre chatte de type Rex Devon? »

Nul besoin de dire que ma proposition remporta un réel succès et nous nous trouvions bien drôles à aller acheter le matériel nécessaire pour notre réalisation artisanale.

Cet après-midi là, au grand soleil d’été, nous avons installé notre atelier portatif sur le balcon et nous avons déposé la grande toile sur la table de patio. C’est ma fille qui, tout heureuse, commença à peindre. Il nous fallait l’artiste de la maison, l’originale! Après tout, on débutait notre œuvre en peignant le fameux trouffion.

Après que la désormais célèbre « étoile » noire fut couchée sur la toile, nous avons travaillé à peindre le reste du chat. On riait tellement que nous en perdions notre souffle en certains moments! Des amis des petits, curieux, vinrent nous rejoindre et on leur prêta pinceaux et acrylique pour peindre avec nous. C’était une œuvre collective!

Les voisins passaient près de nous et remarquaient notre peinture à plusieurs pinceaux. Ils voyaient bien que c’était un chat qu’on avait peint de dos. Mais quand ils nous disaient que notre chat était beau, bien fiers qu’ils étaient à encourager la jeunesse et la mère qui s’amusaient, on leur soulignait bien gentiment qu’ils se trompaient. « Ce n’est pas un chat… c’est son trouffion! »

Un peu gênés, ils repartaient se demandant bien quelle sorte de mère je pouvais bien être pour m’amuser ainsi à laisser mes petits mettre tant d’ardeur dans une toile qui leur soulevait le cœur! Et moi, honnêtement, je trouvais ça plus que comique mais, en même temps, je trouvais logique de faire une telle œuvre pour accrocher tout en haut de la litière de notre Rosie.

Mon humour n’a jamais été endormant ni fainéant. Chez-nous, on s’amusait avec un rien et j’ai encore cette tendance à déconner au sujet des petits détails de la vie. « C’est puéril! », me disent certains. Mais, pour moi, c’est ma façon de rire, tout simplement.

Et cela prend tout son sens quand vient le temps de dédramatiser certaines situations qui sont pour le moins dramatiques. Vous devriez nous voir, mon fils qui est aussi Asperger que moi, quand nous nous lançons sur un sujet donné.

Comme hier, quand il consultait au sujet de son épilepsie et que le médecin nous désignait du doigt les endroits de sa colonne vertébrale qui ont été fracturés à cause d’une épique crise épileptique. Tout bonnement, j’ai vraiment été à mon meilleur en lui disant : « Montrez-moi plutôt les endroits où je peux le frapper quand il fait des siennes! »

L’air que le médecin m’a fait valait très cher! Mon fils, qui était dos à lui, aurait tout donné pour le voir! Mais il a tout de même renchéri sur ma lancée, laissant le médecin bouche bée.

Vous voyez comment ça se passe dans mon monde? Tout a commencé avec l’histoire d’un trouffion de chat…

2 commentaires

  1. Avatar Mélissa Lajoie sur 16 juillet 2019 à 20 h 38 min

    J’ai adoré ce récit! Il m’a fait beaucoup sourire, ça ressemble aux niaiseries que nous faisons à longueur de journée chez moi. C’est agréable de lire celles des autres. Chez nous, tout est sujet à la rigolade. Merci pour ce texte

    • Avatar Josée Durocher sur 17 juillet 2019 à 0 h 58 min

      Merci! Votre commentaire fait du bien à lire! Oui, l’humour, c’est important et dans toutes situations… à bonnes doses, il va sans dire. Jx

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