Savoir aimer un enfant

En mai 1991, alors qu’un de mes fils n’avait que 2 semaines de vie, je lui « payais » sa première visite officielle chez le pédiatre. Assise dans la salle d’attente, je n’avais que d’yeux pour ma progéniture qui était ma foi, plus que parfaite, comme toutes les autres petites progénitures présentes ce jour-là. J’étais consciente de la très grande chance que j’avais d’avoir mis au monde un bébé prématuré, mais en santé. Et je remerciais l’univers pour cette chance.

Toujours dans cette salle d’attente, non loin de moi se trouvait un tout joli poupon un peu gras, souriant tout le temps et installé dans un siège d’auto détachable qui regardait le pied nerveux de sa mère  qui allait çà et là au-dessus de lui. La mère était en grande discussion avec une autre mère de sa connaissance et pestiférait contre la venue au monde de ce magnifique bébé.

Elle disait haut et fort ne pas l’avoir désiré et ne pas l’aimer. Moi, toute jeune maman, j’étais choquée d’un tel discours et désemparée pour le nourrisson qui ne demandait qu’amour.

Les idées changent

Au départ, je prenais, bien évidemment, le bébé en pitié. Comment pouvait parler ainsi une mère digne de ce nom de son propre enfant? Mais le temps a passé et j’ai appris… je me suis interrogée, j’ai questionné. Valait mieux pour l’enfant qu’elle puisse dire à voix haute et à quelqu’un de non jugeant ce qu’elle ressentait à cet instant…

Je ne suis pas as en la matière, mais je peux vous dire que sans tenir les mêmes propos que cette maman, quand ma fille est née, j’ai vécu un beau petit « baby blues » qui m’en a fait voir de toutes les couleurs. J’aimais ma fille plus que tout, n’allez pas croire le contraire, mais j’étais fatiguée de prendre soin de ses frères encore bambins et épuisées de vouloir tout faire parfaitement, dont l’allaitement, entre autres choses, que je souhaitais pour longtemps et qui ne dura qu’un mois!

Je ne sais pourquoi, je repense à tout cela ce soir, peut-être est-ce le renouveau du printemps qui me rend nostalgique? Peut-être est-ce ma fibre maternelle qui voudrait revoir mes enfants tout petits comme avant parce que grands comme maintenant, je ne les vois plus ou moins souvent qu’avant. N’empêche que j’espère que cette maman, croisée dans une salle d’attente, a su trouver en son cœur tout l’amour dont son enfant avait besoin pour grandir.

L’absence d’amour

Car il existe des mères qui n’aiment pas leurs enfants et c’est chose fréquente. J’en ai connue plusieurs qui, plutôt que d’offrir à de petits êtres naissants la chance d’être aimé, ont préféré parce que « les qu’en dira-t-on » garder près d’elle et détester leurs rejetons.

Je ne connais pas votre situation ni votre histoire de vie. Mais si vous vous sentez seule dans la vie, peu importe pour quelle raison, je pense à vous ce soir, du bout des doigts j’aimerais vous dire que si vous êtes ici c’est sûrement pour une raison importante.   Mais je reste convaincue que chaque être humain qui s’incarne à une mission ici-bas et plus tard une histoire à raconter.

Aimer à tous les temps

Car il y a ceux qui ne sont pas aimés, il y a ceux qui sont mal aimés et ceux aussi qui sont trop aimés… Savoir aimer n’est pas donné à toutes les mères au moment de la naissance de leurs enfants. J’en sais quelque chose, moi qui ai 3 enfants.

J’y suis allée de bon cœur et avec tout mon cœur, mais j’ai blessé tout de même et j’ai probablement laissé des cicatrices sur l’amour de mes enfants.

Je crois, sincèrement, que si l’humain a toute une vie pour apprendre à vivre, un parent a également toute une vie pour apprendre à aimer ses enfants, à les bercer, à les voir s’envoler, à les voir revenir auprès d’eux quand rien ne va et à leur dire enfin adieu quand tout s’en va.

Josée

Laissez un commentaire





Vous aimez ce blogue? Partagez :)