Ne juge pas, que je me disais

Par Josée Durocher

Un des grands souhaits qui est véhiculé dans le monde du mieux-être depuis plusieurs années est le fait de ne pas juger l’autre et de ne pas se juger non plus. « Observe », qu’on nous dit. « Vois si les comportements d’autrui te dérangent et en quoi ils te dérangent… fais la même chose pour toi-même et fais tout cela sans jugement. »

J’ai aimé cette idée de non-jugement et j’ai voulu l’adopter. Mais le jugement « montait » toujours sans crier gare. Alors, un jour, j’ai eu la brillante idée de modifier mes pensées « jugeantes » par des pensées empreintes d’amour envers tous ceux que je jugeais et moi-même en premier. 

Mais le dire et le faire sont souvent véritablement à l’opposé un de l’autre et s’il est louable de ne plus juger quiconque, il est éreintant d’être à l’affût de chaque idée que nous avons et de vouloir la modifier en quelque chose de plus « positif ».

J’en étais presque devenue folle à ne pas juger l’autre ou à faire vivre de véritables mutations à mes pensées « jugeantes ». Qui plus est, je ne me trouvais nullement bonne à ce petit jeu et je souffrais énormément de culpabilité. Je me jugeais ! Et tout était à recommencer…

Je me suis fait vivre l’enfer pendant plusieurs années jusqu’au jour où, sur la route, un dangereux automobiliste me coupa ! Je vous fais fi de ce que j’ai crié dans mon véhicule lorsque son regard croisa le mien. Disons seulement qu’il a très bien compris mes mots de rage sans les entendre (rires) !

Décidément, ne pas juger n’était pas pour moi. Je m’en suis bien rendue compte. Et, tout à coup, cette délivrance à crier à tue-tête dans ma voiture m’a fait du bien.

Oui, juger m’a fait du bien ! Je le dis et j’ose le répéter à qui veut l’entendre, juger m’a fait un bien énorme.

Alors, quoi faire ? J’avais toujours l’intention d’être un meilleur être humain en améliorant mes comportements, mais comment pouvais-je y arriver avec le jugement ?

J’ai soudain eu la brillante idée que mes idées n’étaient vivantes que si je leur donnais vie. Ainsi, lorsqu’une idée m’habite et me convient, je la nourris de tout mon amour pour la voir se réaliser dans le jardin de ma réalité.

Cependant, lorsqu’une idée surgit en mon esprit sans qu’elle soit désirée, j’attends qu’elle passe tout simplement. Je ne mets pas l’accent sur elle. Je ne focalise pas sur des sentiments ou émotions qui me font sentir moche. En d’autres mots, si l’idée que j’ai est « jugeante » et que je ne l’aime pas, je la laisse exister vers la… sortie.                                                                           

En n’accentuant pas de telles pensées, elles blêmissent jusqu’à effacement complet. Et moi. je suis libre d’avoir d’autres idées. Parce qu’à trop focaliser sur les idées de jugement, on leur donne beaucoup d’importance quand, dans le fond, on veut juste s’en débarrasser.

Oui, bien sûr, il m’arrive de dire que je ne juge pas. C’est tout à fait véridique au moment où je le dis. Mais, dans mon vécu d’être humain, je juge, oui. À moi de voir quoi faire de toutes ces idées « jugeantes »… idées à garder ou à jeter ? C’est la question qu’on doit se poser !

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