Mourir et s’éteindre

Par Josée Durocher

C’est l’histoire d’un vieil homme du nom de Willie. Cet homme, c’était mon grand-père maternel et que j’ai presque vu mourir . Comme il était élégant, Willie, sur les vieilles photographies en noir et blanc où on le voyait, plus jeune, avec, à son bras, Angéline, sa douce moitié.

C’est aussi son histoire à elle. Comme elle était belle, Angéline! Implacablement drôle, coquette, intelligente, mais avec du caractère… tout un caractère!

Si je vous parle d’eux, c’est que j’ai eu, dernièrement, une grande réflexion sur la mort. Leurs morts m’ont terriblement bouleversée puisque j’étais très proche d’eux. Il m’a fallu du temps pour m’en remettre! J’imagine que le deuil des gens qu’on a beaucoup aimés est ainsi, souvent. Il est long.

Pourtant, même si j’ai fait mon deuil en ces deux occasions pénibles, je pense tout de même souvent à eux. Pas une semaine ne passe sans que je n’aie une pensée à leurs propos qui fait naître un sourire sur mon visage. C’est souvent au petit matin que ça se passe. Ça me rend heureuse pour la journée!

C’est que j’ai tout un tas de souvenirs qui me rappellent ces êtres chers. Petite, j’étais toujours impressionnée et intéressée de ce que mon grand-père pouvait me raconter ou m’enseigner. Oh, je ne me souviens plus de tout aujourd’hui, non. Mais je me rappelle ce sentiment si profond de réconfort dans tout ce que je vivais avec lui.

C’est la même chose pour ma grand-mère! J’étais pendue à ses lèvres la plupart du temps et nous jouions aux cartes très souvent. Les colères qu’elle me faisait, je ne vous dis pas! C’est qu’elle était mauvaise perdante, Angéline (rires)!

Tout cela pour en revenir à ma réflexion au sujet de la mort. On a beau mourir, on ne s’éteint pas pour autant. Toujours, quelqu’un se souviendra de nous ou se remémorera un moment passé en notre compagnie.

Si tel est le cas, je crois aussi qu’il importe de tout faire, dès qu’on en prend conscience, pour être de belles et bonnes personnes. L’important est de laisser une empreinte indélébile dans le cœur des gens, certes, mais une empreinte qui a du panache.

Moi, j’ai envie d’imprimer les souvenirs des autres, de ceux que j’affectionne plus que tout, de moments passés avec eux, de mots gentils prononcés pour eux et de tendresse. Oh, Willie et Angéline avaient des défauts aussi, oui. Ils étaient tout ce qu’il y a d’humain.

Mais, à la tête de leur famille de huit enfants et de plusieurs générations après eux, ils ont su nous faire rire, nous faire sourire… nous attendrir.

Quand je pense à tout ce que je souhaite laisser à ce monde au moment du grand départ, je pense à eux et à tout ce qu’ils m’ont laissé. Si je peux être, ne serait-ce qu’un tout petit peu la personne qu’ils étaient chacun à leur manière, j’en serai très fière.

Non, mourir n’est pas une fin et s’éteindre n’est pas souhaitable. Car, si je pousse la réflexion plus loin, à ne pas être le meilleur de nous-mêmes, les gens n’auront qu’un souhait, c’est-à-dire nous oublier bien rapidement.

 

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