Sylvie Cousineau
CP Concept
Conférences

L’autisme… un monde extraordinaire!

Par Josée Durocher

Récemment, quelqu’un m’a abordée en ces termes dans ma boîte-courriel : « Comment oses-tu?  Comment oses-tu parler de l’autisme de manière positive?  Mon autisme n’a rien de positif car il m’empêche de vivre comme les autres… »

Oser voir les choses du bon côté

C’est vrai que j’ose.  D’aussi loin que je me souvienne, j’ai osé!  On a souvent dit de moi que j’avais du front tout le tour de la tête!  Et en plus, on dit que j’ai une tête de cochon.  On dit aussi de moi que je suis résiliente et que j’arrive à voir du positif partout où il y a du négatif, enfin presque.

Ce message m’a pourtant retranchée dans mes doutes.  Vois-je la vie en rose bonbon?  Est-ce que j’exagère le positivisme?  Est-ce que je m’aide… est-ce que j’aide les autres avec la philosophie que j’affiche dans tous mes textes?

À bas la « victimite »!

Chez les gens en général, on retrouve bien des personnes qui souffrent de « victimite ».  Qu’elles soient autistes ou non, ces personnes trouveront toujours à se plaindre ou à redire à propos de leurs situations et de ce qu’elles ont vécu ou non.

Dans ma vie, avant le diagnostic d’autisme de haut niveau, j’étais, je crois, la plus grande victime que la terre ait portée!  Et j’ai été victime pour vrai!  C’est loin d’être une histoire inventée…

Mon histoire comme celle d’un autre

Je suis issue d’une famille dysfonctionnelle avec un papa alcoolique et une maman qui avait tout le poids du monde sur les épaules.  Dès mes huit ans, j’étais victime d’inceste.  J’ai été abusée et violée… fraudée aussi.  Et ces événements ont eu lieu durant ma vie jusqu’à tout récemment.

Quand j’ai reçu mon diagnostic d’autisme, c’est comme si on me libérait d’un lourd boulet que j’avais traîné jusqu’à ce moment bien précis.

Avant, on me jugeait bien sévèrement car on me disait que j’attirais ce genre de situation. Je me jugeais aussi très cruellement, ne m’expliquant pas pourquoi tout cela m’arrivait.

Un nouveau regard

À quarante-neuf ans, on m’a annoncé que j’étais Asperger.  C’est un peu comme si, soudainement, on me donnait la très grande chance de poser un nouveau regard sur moi-même.  J’avais le choix de me dire que c’était là une chose de plus pour me rendre malheureuse.

Mais j’avais également le choix de m’expliquer ma vie d’avant avec cette nouvelle donnée et prendre la décision d’en faire sortir  le positif.  C’est une décision que je ne regrette pas… pas du tout!

Ma vie, maintenant

Désormais, je suis celle qui avance la tête haute devant toute situation.  Je ne dis pas que je n’ai pas de limitations, je dis simplement que je décide de les voir pour ce qu’elles sont :  des défis à relever.  Certains sont grands, oui.  D’autre plus faciles.

Je décide de voir mes différences comme des richesses à exploiter.  Par exemple, j’ai la très grande chance d’écrire facilement des textes et je le fais en toute sincérité et honnêteté en me disant que cela aidera peut-être quelqu’un.

Votre choix
À vous de voir maintenant quelles décisions vous prendrez.  Serez-vous une personne triste toute votre vie parce que votre vie est unique donc différente de celles des autres? Serez-vous un être humain qui fait de ses différences des tremplins pour aller vers les autres?

À cette personne qui m’a écrit, je dis : « Je comprends tellement comment vous pouvez vous sentir actuellement.  Quand on croit que ce que nous avons est moche, on a du mal à concevoir que les autres peuvent y voir du beau.

Mais sachez ceci :  je ne minimise pas ce que j’ai vécu avant, pas plus que je ne minimise ce que vous vivez présentement.  Tout ce que je fais, c’est vous tendre la main… avec des mots.  J’espère ainsi vous voir libéré de cette idée qu’on ne doit s’arrêter qu’au négatif. »

S’expliquer enfin qui nous sommes, peu importe l’âge que nous avons, c’est faire la découverte d’un monde extraordinaire si on y consent.

Et vous?  Vous en pensez quoi? N’hésitez pas à commenter, ce sera très apprécié!

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