La vie, ma poule

Par Josée Durocher

Dans un poulailler, si le coq picossait la poule parce qu’elle ne veut pas de lui ou si la poule picossait le coq, car son nid à elle est moins beau que le sien, les autres poulets leur diraient sûrement — s’ils savaient parler — de laver leur linge sale (et leurs becs) en famille et pas aux yeux et au su de tous.

“C’est un peu la même chose dans la vie. Qu’on ait tort ou raison, rien ne vaut une bonne explication lorsqu’on se sent floué plutôt que de faire étalage de nos jalousies verdâtres ou de nos arguments sur les médias sociaux.”

De toute manière, à voir certains statuts, ça saute aux yeux que certaines personnes sont vertes de jalousie envers d’autres, que certains se tiennent en « gang » et que d’autres encore font cavaliers seuls.

Les médias sociaux sont comme des poulaillers. On y trouve toutes sortes de poules de la plus belle à la plus moche et je ne parle pas nécessairement ici de leur apparence.

On se retrouve tous et toutes dans un immense poulailler et c’est le capharnaüm… on tape à longueur de journée sur nos claviers et on ne s’entend plus parler et ça, c’est la triste réalité. Plutôt que de nous expliquer, on préfère presser des touches du bout des doigts pour attaquer ou pire, justifier nos attaques.

On picosse les uns parce qu’ils ne pensent pas comme nous, on picosse les autres parce qu’ils pensent trop comme nous et d’aucuns se rappellent comment s’adresser aux autres avec politesse et délicatesse.

Les poules, j’en suis certaine, ont des moyens plus honnêtes de régler leurs conflits. Je suis triste de faire partie d’un poulailler où, quoi qu’on dise ou qu’on fasse, on finira tous sur la brochette d’un restaurant BBQ parce qu’on se sera brûlé à trop avoir manifesté nos opinions un peu trop directes, notre jalousie et nos attaques volontaires « sans en avoir l’air ».

On a déjà trop à faire avec les renards — les trolls — qui viennent foutre le bordel dans la paille de nos maisons et qui ne recherchent que la querelle. On n’a rien à faire avec nos semblables qui, se cachant derrière leurs écrans, n’ont rien de mieux à faire que de picosser encore et encore à cause d’un trop grand manque d’attention.

Il y a les poules de luxe, les poules pondeuses, les poules au plat, les poitrines et les cuisses, le coq au vin ou les poulet chasseur… oui, il y a déjà de tout sur le web, pourquoi diable en rajouter ?

Comment une poule peut-elle vivre tranquille dans son poulailler avec ses amies poules et son coq chanteur ainsi que ses petits poussins si elle n’a de cesse de se faire nourrir de cailloux plutôt que de bons grains ?

Je pourrais aussi vous demander comment l’internaute moyen peut être heureux tout en se servant des médias sociaux sans croire tout ce qu’on lui balance dans les différents statuts qu’il lit. Comment ne pas succomber, nous aussi, à ce jeu si populaire qui ne veut que démolir son prochain pour un oui ou pour un non ?

La réponse est le discernement, mes amis… les poules l’ont peut-être compris. Chacune a sa place et rien d’autre ne vaut cette place. Chacune couve ses œufs et tout le monde est heureux.

Moi, je vous le dis, la comparaison de la vie, comme un poulailler m’est venue spontanément comme idée lorsque j’ai lu, pour une énième fois, un commentaire sur un mur qui se voulait jaloux, envieux et qui émettait le souhait de voir l’autre se casser la gueule.

Manque de discernement, manque de jugement, manque d’empathie et d’amour du genre humain sont souvent associés à ce genre de statut qui, on le voit trop souvent, prend de l’ampleur avec les commentaires sous-jacents.

Alors, la poule ici est bien tannée de lire tout ça, elle va couver ses œufs, lire ses projets en les souhaitant heureux… sur une paille bien fraîche. Et en se fermant les yeux, elle se dira tout bonnement que les autres poulets élèveront peut-être un jour leur conscience pour agir en volatiles civilisés… bref, rien à voir avec tout ce qu’on peut lire comme mauvaises pensées.

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