Par Josée Durocher

Êtes-vous anxieux relativement au coronavirus qui semble sévir un peu partout dans le monde? Moi je le suis et voici pourquoi…

Tous les magasins sont pris d’assaut par la population qui s’enflamme dans les allées, il manque de produits sur les tablettes des supermarchés et des magasins à grande surface et, même si le gouvernement déclare haut et fort que nous ne devrions pas nous retrouver en groupe, les gens font la queue en grand nombre afin de magasiner ce qui leur semble essentiellement… « essentiel » : des surplus.

L’autiste en moi

L’autiste en moi n’a qu’une seule envie : s’engouffrer bien confortablement dans un cocooning que je connais trop bien lorsque je suis à un haut niveau d’anxiété!

Malheureusement, ça m’arrive souvent d’être si anxieuse que je ne peux sortir de chez moi. Mais là, ça dépasse toute entente et jamais mon cœur n’a battu aussi fort et mes tripes ne se sont jamais tortillées autant!

Oui, j’ai peur de la COVID-19, mais j’ai encore plus peur de mes frères humains qui semblent, dans certains cas, avoir perdu leur humanité qui les définit tant. Les gens sont impatients, se bousculent et s’arrachent les produits dès leur sortie d’emballage par des étalagistes courageux d’affronter ces hordes de désespérés.

J’ai aussi peur de ceux pour qui le coronavirus n’est qu’un vulgaire état grippal, pas dangereux du tout, dont il n’est pas nécessaire de se méfier. Pour ceux-là, j’imagine bien que des lavages de mains récurrents ne doivent pas avoir lieu trop souvent et qu’ils touchent à qui mieux mieux tout ce qui se trouve sous leurs mains!

Je sais que ces gens-là existent et qu’ils sont légion. Ils se trouvent l’air intelligent avec des pensées de la sorte, rebelles et illogiques.

Déjà, pour moi qui suis capable d’être devant une foule et de m’adresser à elle, mais qui suis incapable d’être dans la foule, je trouve difficile la seule idée de devoir aller quérir les produits de première nécessité.

Si être une personne autiste apporte souvent son lot de limitations, vous pouvez bien imaginer qu’en ces jours de virus-mal-poli-car-pas-invité-du-tout, mes limitations, non seulement elles sont bien là, mais en plus, je n’ai pas d’autres choix que de passer par-dessus, de faire comme si et ce n’est certes pas chose facile pour moi.

Autre désagrément extrême : mes hypersensibilités! Emmenez-moi dans un lieu éclairé de néons qui me blessent l’œil à chaque regard, avec des gens qui entrent dans ma bulle et le bruit qu’une foule peut occasionner et vous aurez la recette parfaite pour que je tombe direct le cerveau en désordre, car l’anxiété à son comble. Je serai désorganisée.

Moi, je n’ai pas envie de me donner en spectacle devant un groupe de gens qui se battent pour du papier de toilette ou qui, même si c’est dit partout qu’il n’y en a plus, sont en quête de désinfectant pour les mains.

Les choses à faire

Je dis que sans céder à la panique, il est possible de passer à travers cette crise. Lavez-vous les mains correctement et souvent – et ne toussez pas dedans –, n’achetez que ce que vous achèteriez normalement en matière de quantité, pensez aux plus démunis de notre société en faisant vos courses par exemple ou en cuisinant pour eux de manière sécuritaire et allez acheter chez les petits commerçants de votre quartier. Mais surtout, oui, surtout, ne tombez pas dans la paranoïa, ce qui risque de vous faire perdre les pédales et oublier tout ce qui est écrit ici.

En attendant, ces deux semaines de télétravail ou de congé imposé devraient être deux semaines où certains auraient intérêt à méditer à leurs comportements envers les autres. Moi, je vais limiter mes déplacements et ne pas succomber à toutes les croyances populaires qu’on voit passer sur le Web, mais me fier aux communiqués officiels qui me demandent la prudence, la bonne vieille logique et, oui, une dose d’humanité tout simplement.

Nouvelle de dernière heure :  Je suis malade.  Je n’ai pas la COVID-19, mais, par souci de prudence, je me suis retirée dans ma pièce à moi… ma chambre.  Je n’ai peut-être pas le coronavirus mais je ne tiens pas à rendre les autres malades.  Affaiblir le système immunitaire de tous n’est sûrement pas une bonne idée en ces temps difficiles!

 

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