La bienveillance, ça commence par soi!

Par Josée Durocher

S’il est vrai que la bienveillance a bonne presse, on ne peut en dire autant de celle qu’on s’accorde à soi-même. Effectivement, elle fait naître chez les autres des sentiments qui ressemblent davantage à de l’incompréhension qu’à de la compassion.

Pourtant, partout on lit et on entend les bienfaits d’être bon avec nous-mêmes. Et ça ne date pas d’hier que ce genre de message est médiatisé. Néanmoins, on a la carapace solide et on ne se laisse pas imprégner facilement quand il s’agit de notre bien-être.

Oui, nous sommes souvent, et inconsciemment, réticents à prendre soin de nous. Nous trouvons préférable de prendre soin des autres. Certains croient qu’ils ne méritent d’être bien et d’autres, c’est plus tordu, croient que cela sera mal vu.

Malheureusement, ils n’ont pas tout à fait tort. Cette idée d’être mal jugé serait donc fondée? C’est ce qu’il semble si on voit la réaction -tantôt envie, tantôt insécurité- de ceux qui nous entourent. Prendre soin de soi-même, même si on le conseille à tout le monde, serait mal vu puisque, comme dit plus tôt, cela ressemblerait à de l’égoïsme pur et simple.

Et si c’était ça au fond la bienveillance envers nous-même : une forme d’égoïsme sain? On sait qu’on conseille aux gens au fond du baril ou souffrant de dépression de prendre soin d’eux. Mais faut-il vraiment attendre de tomber si bas pour le faire? Et si nous prenons soin de nous-mêmes, serons-nous jugés par le fait même?

Les gens qui arrivent à ce genre de bienveillance personnelle sont également ceux qui ne s’en font pas avec le jugement des autres. Est-ce à dire que d’être bienveillants avec nous-mêmes commence par déjouer la peur du jugement? En n’ayant plus peur du jugement d’autrui, il serait donc plus facile de prendre mieux soin de nous-mêmes.

L’autre chose à laquelle nous devons penser lorsque vient le moment de nous aimer suffisamment pour être bienveillants envers la personne la plus importante pour nous-mêmes est le mérite. Oui, ce qui semble arrêter les gens dans leurs élans, souvent, c’est le fait qu’ils ne pensent pas mériter autant de bienveillance qu’elle leur soit prodiguée par les autres ou par eux-mêmes.

Il est donc impératif d’avoir une profonde réflexion sur le mérite. Quand on y pense, nous sommes tous méritants puisque nous sommes tous les mêmes à la base. Bien sûr, les notions du bien et du mal entrent en ligne de compte à l’heure de voir si nous méritons quelque chose. Sommes-nous de bonnes personnes? Avouons que nous poser la question, souvent, c’est un peu y répondre. Effectivement, on verra mal une « mauvaise » personne s’interroger sur le sujet…

Bien sûr, il y aura toujours le pur égoïsme qui entrera en ligne de compte. Il existe… un mot a même été créé pour lui. Mais n’allons pas croire que tous ceux qui font de leur propre bien-être une priorité sont des égoïstes avoués!

L’important, c’est de penser à soi d’abord. Ainsi, nous pourrons penser aux autres. Et si les autres pensent le contraire, c’est bien de leurs affaires. Et puis, penser à soi, être bienveillant envers soi, c’est un peu se foutre de la pensée de l’autre… jusqu’à un certain point!

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