Je ne feele pas pantoute!

Par Josée Durocher

En tant qu’autiste (bien que cela n’appartienne pas aux autistes seulement), il m’arrive de ne pas me sentir bien du tout. Autrefois, ma réponse au fameux « Tu vas bien? » était « Oui, oui, ça va. » faisant fi de ce que je ressentais réellement parfois.

Un jour, j’en ai eu assez de mentir et de faire semblant parce que je n’allais vraiment pas bien et que je ne me voyais pas dire que ça allait quand, en fait, rien n’allait.

Et puis, ça m’a frappée! Je faisais le vide autour de moi. Pourquoi? Pas que les gens n’aiment pas la vérité et l’authenticité, non. Mais, dans mes réponses, il y avait davantage de « non » que de « oui » et « Tu vas bien? » ne me fut plus posée comme question.

C’est qu’il existe une nette différence entre aller bien et ne pas bien aller et une autre entre aller mal de temps en temps et aller mal tout le temps. La plainte est facilement réalisable quand on ne s’écoute plus parler… quand on répond, comme ci comme ça, sans raison valable.

Mais je ne m’en suis pas rendu compte toute seule et immédiatement. Il a fallu que des braves, des téméraires osent me le dire pour que je constate mon comportement négatif et destructeur. Parce qu’à toujours se plaindre sans raison, on ébranle même notre raison!

Outre le fait qu’on m’ait gentiment dit de me fermer la gueule, je me suis rendu compte, en étant un peu plus attentive que j’étais de plus en plus déprimée aussi. À force de dire « Non, je ne vais pas bien. », j’ai fini par croire que plus rien n’allait et c’est là le piège que j’aimerais vous inciter à éviter.

Être à l’écoute de soi est une chose fabuleuse, il va sans dire. Mais tout dépeindre en noir et propager cette image dans le monde qui nous entoure est une chose pernicieuse. D’abord, nous ne sommes pas toujours conscients que nous sommes à le faire. Ensuite, une fois qu’on le sait, il semble souvent trop tard, ne sachant pas trop comment faire reculer la « machine » de la négativité.

Alors? On s’en sort comment? Quoi choisir en le « tout va toujours bien » et le « rien ne va jamais »?

La conscience, voilà ce qu’il nous faut. De la conscience et ça presse si, comme je l’ai déjà été, vous ne savez plus quoi répondre à ceux que vous aimez!

S’observer méthodiquement et minutieusement est primordial afin de savoir quoi répondre lorsqu’on nous demande comment nous allons. Pas besoin de répondre du tac au tac. Pas besoin d’attendre qu’on nous pose la question non plus.

Chaque matin, au lever, je me questionne moi-même. Il y a des matins où je n’ai pas le moral, d’autres où j’ai certains malaises physiques et d’autres, encore, où tout va bien. Je prépare ma question et je contrebalance la réponse que je donnerai aux autres.

Ainsi, si je n’ai pas le moral, je dirai simplement : « Je n’ai pas le moral mais j’ai la forme! » et si je n’ai pas la forme, je dirai un truc comme « Je n’ai pas la forme mais j’ai le moral! ».

L’important est d’être vrai et bien avec notre réponse. Si on n’a aucun des deux, on peut tenter de voir ce qui pourrait nous rendre heureux. « Ça ne va pas très bien et je tenterai d’aller prendre l’air, voir une amie ou faire un truc que j’aime aujourd’hui. »

Pourquoi se donner tant de mal pour répondre aux autres? Parce que, en y pensant bien comme il faut, les autres sont notre miroir. Si tout va mal chez nous et que nous cultivons ce mal-être, ils nous refléteront la même chose et on est quitte pour le cercle vicieux des malaises en réflexions!

Aussi, le jour où vous irez vraiment mal, vous serez heureux de ne pas avoir fait le vide autour de vous et bien que tout aille mal, vous aurez le réflexe de rechercher de la clarté dans l’obscurité. C’est un beau réflexe à mon avis et il pourrait très bien, un jour, vous sauver la vie!

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