Insomnie : pourquoi je ne dors pas?

Par Josée Durocher

J’y arrive seulement quelques heures par nuit. Pourtant, je suis exténuée et j’ai beau tenter de faire mes journées, la plupart du temps je « crashe » en début d’après-midi si ce n’est pas carrément en avant-midi. Dors, dors pas, la nuit, j’erre chez moi dans des pièces plus que silencieuses et je traîne le pas. Je souffre d’insomnie.

Elle me frappe normalement en début de cycle, là où j’ai du mal à trouver le sommeil ou à la fin d’un cycle de trois heures. Pour donner suite à cela, je m’éveille toutes les heures. L’insomnie me malmène et il m’arrive quelques fois de vouloir lui donner un nom et une personnalité afin de m’adresser à elle.

Je lui dirais toutes ces fois où j’ai souffert de mon manque flagrant de sommeil, les répercussions que cela a eu sur mon quotidien et tous ces rêves que je ne n’ai pu rêver à cause d’elle.

Je l’invectiverais sans prévenir la salope, cette chienne d’insomnie qui, par sa faute, ouvre la porte à l’anxiété. Eh non! Ce n’est vraiment pas la grande forme lorsqu’elle nous tombe dessus et qu’elle nous prend ainsi en otage.
Et au nom de quoi nous fait-elle subir cela?

Cela dépend. Ce peut être par inquiétudes profondes, par ressassement des souvenirs qu’on croyait oubliés à jamais, par peine, par colère ou pour quelconques sombres raisons qu’on ignore. Parce que, disons-nous la vérité : elle n’a pas vraiment besoin de raison pour nous faire souffrir.

Elle m’est tombée dessus il y a des années, mais déjà enfant, elle me prédisposait à vivre avec elle chaque jour en me donnant du fil à retordre pour trouver le sommeil. Bien sûr, l’entourage ne connaissant pas ce détail important, jugeait que j’étais dormeuse puisqu’elle m’épuisait déjà et que j’avais grand mal à me éveiller au petit matin.

Un peu plus grande, elle me permettait de danser toute la nuit sans tomber, mais bien entendu, je tombais de sommeil et pour cause! Fatiguée et tout de même éveillée… c’est fatigant!

Maintenant plus vieille, à la mi-vie, je tourne et je tourne dans un lit, habituée à être étourdie. Le matelas n’a nul besoin d’être retourné car j’épuise également, pouce par pouce, toute sa surface.

On fait fit des commentaires qui veulent qu’on bouge beaucoup trop dans notre sommeil et on remercie le petit Jésus d’être célibataire parce que ça fait une personne en moins qui souffre autant que nous!

On ne peut faire de grands projets pour le lendemain, encore moins pour dans un mois, puisqu’on ne sait jamais quel genre d’énergie nous propulsera. Et si nous acceptons des invitations, elles ne doivent certainement pas être de dernière minute puisque quand nous savons que nous sortirons, nous prenons soin d’étirer nos siestes diurnes pour emmagasiner un tant soit peu de force. Mais qui leurrons-nous vraiment si ce n’est que nous puisqu’il ne suffit pas d’une longue sieste pour se requinquer.

On étire les cafés allongés, on les multiplie dans une journée pour être en éveil au bon moment et les tisanes, le soir, n’arrivent même pas à faire leur effet calmant. Le lait chaud est un mythe et manger avant le coucher ne sert souvent qu’à nous faire cauchemarder.

Mes cernes sont témoin de la vie nocturne de l’esseulée que je suis, chassant les mots mystère ou réfléchissant sur les mots croisés d’un vieux journal abandonné, ou spécialement pour moi qui ne suis plus l’ombre de moi-même.
C’est encre en écrivant, ici ou à la main, que je retrouve bien doucement l’envie d’aller me coucher et… tout est alors à recommencer!

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