Façades et intérieurs

 

Par Josée Durocher

Nous sommes un peu comme des maisons. Nous nous ressemblons, pourtant nous sommes tous différents. Certaines maisons sont immenses, mais vides. D’autres sont toutes petites mais bien remplies de toutes sortes de trucs qui ne servent pas nécessairement.  Nous sommes des êtres humains.

J’aime bien, lors de mes promenades, je m’en confesse, regarder les maisons dont les volets ne sont pas tirés. Il m’arrive de distinguer les couleurs des murs intérieurs ou de voir la disposition des meubles dans un salon. Je suis pas si curieuse que cela, juste humaine. On est attiré par les maisons des autres comme nous sommes attirés par les autres. Nous sommes éternellement à la recherche d’un contact quelconque.

Mais voilà, tout contact n’est pas bon à faire. Ainsi, une maison peut arborer une très jolie façade et être très laide à l’intérieur et c’est la même chose pour les gens.

J’écris ce texte ne sachant pas trop s’il fera réagir. Qui se rend jusqu’ici dans sa lecture doit bien se demander pourquoi je fais une analogie entre les maisons et les gens. Mais quelque chose m’a sauté aux yeux, ce soir.

De ville, de campagne ou de banlieue

D’une rangée de maisons de villes, même si seules les couleurs des façades semblent différer, ce qui fait en sorte que les habitations se démarquent véritablement entre elles, c’est ce qu’elles cachent aux yeux du monde.

Seuls quelques rares individus auront accès à ces petits palais et les autres, les passants, comme moi, ne pourront qu’imaginer…

Les relations interpersonnelles sont ainsi, aussi. N’entre pas qui veut dans nos vies ou, du moins, ne reste pas qui veut non plus.

On passe notre vie à inviter et à désinviter… à mettre à la porte de nos cœurs comme de nos maisons ceux qui foutent le bordel dans ceux-ci.

Oui, vraiment, nous sommes ces petites maisons en rangées, collées les unes sur les autres, sans savoir de quoi l’autre est vraiment fait.

Certains d’entre nous ont plusieurs amis et connaissances et reçoivent plus souvent qu’à leur tour. D’autres, comme moi, n’ouvrent leur porte et leur cœur qu’à ceux en qui ils ont confiance. Et encore, d’autres, encore comme moi, se sont fait dévaliser tout ce qu’ils ont.

Ceux qui nous volent

Pour les maisons, ça va, il y a toujours les assurances qui peuvent donner un bon coup de main, s’il y a effraction. Pour les humains, c’est plus compliqué. On se sent souvent perdu quand toutes nos pièces ont été vidées.

Mais les voleurs auront beau nous cambrioler, tout prendre et mettre le feu à notre propriété par la suite, il nous restera toujours le terrain pour nous reconstruire. Et le terrain est si indestructible qu’on pourra être démoli et se reconstruire autant de fois que nécessaire.

Oui, j’aime bien cette image de maison, en rangées ou non, de campagne ou de banlieue… C’est chez-nous et il importe d’en prendre soin.

Sur ces mots, je vous laisse, j’ai un peu de ménage à faire. La dernière année fut remplie de visites inopportunes et j’ai bien des choses à ramasser si je veux pouvoir inviter les gens à nouveau.

D’ici à ce que nous nous revoyions, j’aurai mis des fleurs aux volets pour une façade prometteuse de tout ce qu’elle renferme. Vous pourrez passer devant chez moi et imaginer…

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