Être autiste et se faire traiter avec respect

Par Josée Durocher

Êtes-vous autiste ? Connaissez-vous des personnes autistes ?

Ce que vous vous apprêtez à lire, ce n’est pas mon genre de rédaction. Mais je vis quelque chose d’intense et je ne peux faire autrement que de me dire que d’autres l’ont déjà vécu ou le vivront aussi.  Autisme!

Moi, je suis Asperger et, bien que je ne le sache que depuis peu — j’ai reçu mon diagnostic il y a un mois à peine — je me rends compte que je me trompais sur le fait que de savoir que je le suis et qu’en faire part aux autres me rendrait la vie plus facile.

En bonne patiente, j’ai prévenu ma clinique médicale que je suis autiste Asperger. J’ai toujours du mal à gérer mon anxiété quand je m’y rends, à m’expliquer clairement et à me souvenir de tout ce qu’on me recommande, alors je me suis dit que si le personnel médical savait, ça améliorerait grandement nos échanges.

Je me trompais…

Pas toutes, mais certaines personnes à ma clinique médicale me parlent comme si j’étais une enfant ou minimisent tout ce que je tente de leur expliquer en termes de malaises physiques. Qui plus est, certaines d’entre elles sont tellement bêtes que si j’avais un sourire en porcelaine, il briserait sur-le-champ face à leur insensibilité.

Je ne demande pas de traitement spécial. Je demande à être prise au sérieux, qu’on m’écoute et qu’on me donne les services pour lesquels je paie. Oui, je paie, pas comme dans une clinique privée, mais comme dans une clinique semi-privée.

Je suis la première à défendre le personnel infirmier vu son grand dévouement pour les autres et le peu de reconnaissance qu’il reçoit en échange. Mais je ne défendrai certainement pas une attitude méprisante envers moi ni envers qui que ce soit !

Vous allez me dire qu’une personne n’est pas tout le monde. Vous me direz probablement aussi que ça peut arriver que des gens aient de mauvaises journées, des sautes d’humeur, etc.  C’est vrai !

Mais quand ça fait au moins une demi-douzaine de fois que la méchanceté et le mépris s’expriment, je dis qu’il faut que ça cesse !

Je ne suis pas la seule autiste à qui ça arrive. Et souvent, avant même de traiter ce pour quoi nous consultons, on ose remettre en question notre diagnostic d’autisme et toute une vie de souffrance.

Il manque clairement d’éducation dans les services médicaux en ce qui concerne l’autisme. Et ce n’est pas jojo, car des autistes, bah, il y en a beaucoup. Pas plus qu’avant, non. Juste plus de gens qui portent l’autisme qui semble plus important parce que mieux diagnostiqué.

Pour en revenir à moi, je ne recherche pas de traitement de faveur, mais je pensais sincèrement que de me nommer ainsi allait aider à mieux me faire comprendre ou qu’on prendrait le temps de le faire.

Moi, je suis verbale, je n’accuse pas de retard en quoi que ce soit et j’ai du mal à me faire comprendre et, quelques fois traitée avec dignité. J’ose à peine imaginer ce que cela peut être pour les autres qui sont plus handicapés par l’autisme ou tout autre état !

À vous le personnel infirmier, qui êtes dans la première ligne de soins, je vous conjure de comprendre que ce n’est pas toujours facile pour tout le monde de s’ouvrir sur leurs souffrances et leurs différences.

Et moi, oui, moi, j’ai déniché une nouvelle clinique médicale pour ma famille et moi et j’espère sincèrement que ce texte sera lu. Pas pour jeter la pierre à qui que ce soit, mais pour ouvrir les yeux de qui de droit.

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