Bruno Desjarlais, l’homme qui regarde les jeunes autistes avec fierté

Par Josée Durocher

Bruno Desjarlais n’est pas homme ordinaire. Il est bien plus que cela. En plus d’être un humain passionnant, il est enseignant. Et il l’est, avec fierté.

Nous nous étions donné rendez-vous afin qu’il m’accorde une entrevue. C’est chose faite. Mais dès que j’ai voulu rédiger le contenu de cet échange, je n’y arrivais tout simplement pas. « Étrange », que je me suis dit. Il faut savoir que je n’ai, normalement, pas ce genre de panne mais j’ai dû me résigner à une page blanche chaque fois que je tentais d’écrire.

Pourtant, vous êtes là à me lire. C’est que j’ai décidé de laisser libre cours à mon inspiration et à mon intuition. Bruno Desjarlais mérite mieux qu’un copier-coller. Il mérite qu’on raconte tout ce qu’il fait naître chez les autres… chez-moi. Je vous parlerai donc de passion, certes, mais aussi de don de soi, d’amour de l’autre et de fierté.

D’emblée, quand on se met à discuter avec monsieur Desjarlais, on se rend immédiatement compte quel genre d’homme il est : un fonceur, un battant, un homme généreux. Bien qu’il ait subi les foudres d’un AVC (Accident Vasculaire Cérébral) il n’y a pas si longtemps, il nous dit qu’il sera très bientôt de retour avec ses élèves autistes.

Enseignant hors-normes, Bruno les aide à slamer. Oui, vous avez très bien lu! Le slam, c’est poétique, c’est vrai, c’est tantôt dur, tantôt doux et théâtral ou rythmé. Ces jeunes à qui il enseigne, qui n’ont maintenant plus peur des mots, beaucoup grâce à lui, sont très près de monsieur le professeur, Bruno Desjarlais.

Et lui, il parle d’eux avec de douces paroles, toujours positives et pleines d’espoir. Il est si fier de ces jeunes qu’il prend la quasi-totalité de l’entrevue pour ne parler que d’eux, se rangeant au second plan… par fierté probablement mais aussi par respect.

Il ne tarit pas d’éloges à leur sujet. Mais il parle peu de lui-même et de son envie de toujours les voir relever les défis qu’ils se lancent à eux-mêmes et de se dépasser. Il est là, présent et disponible, quand ils ont besoin de lui.

Mais, à entendre parler Bruno Desjarlais, on se demande qui a plus besoin de l’autre! Cet enseignant qui agrémente chaque expérience pour ses étudiants semble puiser, à même leur courage respectif, son propre courage et son envie d’aller plus loin.

Lui-même slameur à ses heures, le slam étant une autre de ses passions, il transmet ses connaissances aux jeunes afin qu’ils déclament des textes extraordinairement beaux, touchants et puissants devant un auditoire grandissant.

Les récits sont tous différents mais les histoires nous touchent toutes autant. Je n’ai pas pu m’empêcher de lancer : « J’aurais tant voulu avoir un prof comme vous! » Et lui de rire et d’être content. J’imagine bien que c’est le genre de compliment qu’il aime recevoir mais sa paie, la véritable d’entre toutes, c’est le succès des jeunes à qui il enseigne.

J’ai été touchée par la grandeur d’âme de cet homme intelligent et sans artifice. Faire une place de choix, leur place, à de jeunes autistes, c’est le début d’un monde merveilleux pour eux et le commencement pour tous. Parce que ça prend des hommes de la trempe de Bruno Desjarlais pour être si bavard quand vient le temps de faire une place à ses jeunes, si généreux dans tout ce qu’il leur donne de sa personne et si humble pour ne pas en prendre grand mérite.

Merci monsieur le professeur! Vous êtes un homme qu’il fait bon connaître! Et bravo à ces jeunes que vous aimez tant et qui nous font l’honneur d’être, tout simplement.

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