Sylvie Cousineau
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Rabais À coup de plume

Autiste, j’ai besoin de ma bulle!

Par Josée Durocher

 

En ce moment, j’ai véritablement besoin de ma bulle.  Vous savez?  Celle qui n’appartient qu’à moi.  Elle se situe entre 3 heures et 5 heures du mat, là où tout le monde dort à la maison… tout le monde sauf moi!  Tout le monde qui n’est pas autiste comme moi!

Je n’ai pas fait exprès de me réveiller à cette heure mais tant qu’à faire, aussi bien en profiter!  J’aime voir le petit matin se lever, entendre les oiseaux chanter, assister aux premières minutes d’éveil de mes chattes, là où elles n’en finissent plus de s’étirer et de bâiller.

J’aime leurs ronrons et leurs câlins sur mes jambes pendant que je m’active à me préparer un café, mon premier.  Ah! Ce doux arôme du petit matin, je ne m’en lasserai jamais!

J’écoute.  Pas un son.  Je suis seule à écrire, à lire, à flatter les chats et j’en profite pour me recentrer sur moi-même. Focaliser mon attention sur le silence qui m’entoure m’aide énormément à recharger mes batteries.

Honnêtement, je ne suis pas fâchée du tout de m’être réveillée si tôt.  Oh que non!  De toute façon, j’ai tourné toute la nuit, alors!  Non, quand le jour se lèvera pour de bon, j’irai piquer un somme.  Cela n’enlèvera rien à personne et pour moi, ça fera toute la différence.

Depuis que j’ai eu mon diagnostic d’autisme Asperger, j’accepte d’avoir un rythme différent des gens en général.  Je ne me bats plus contre l’horloge.  Je l’embrasse tout en embrassant mon horloge interne.  Je me repose quand mon corps me dicte de me reposer.

Bon, mises à part certaines différences d’horaire, j’arrive à suivre les autres et les autres arrivent à me suivre.  Tenez, aujourd’hui, il y aura sieste, une sieste qui sera la bienvenue et ce n’est certes pas un drame.

J’ai la chance d’être travailleuse autonome et d’ainsi moduler mes horaires selon mon énergie.  C’est ainsi que je fonctionne et quand je tombe en panne momentanée, comme j’aime le dire, je peux me permettre de dormir quelquefois 24 h sans presqu’aucune interruption.

Elle ressemble à ça aussi, ma vie d’Asperger.  Le temps est comme un gruyère qui a de grands trous où je n’existe que pour dormir.

Mais vous savez quoi?  Je l’aime, ma vie!  Autiste ou non, j’ai décidé de l’aimer et de m’aimer tout autant.  Je suis différente et puis quoi?  Ce n’est pas péjoratif d’être différent.  Ça prend le sens qu’on veut bien lui donner.

Cela fait deux semaines que je « m’enfarge » dans des émotions de toutes sortes.  En fait, comme si j’étais sur les montagnes russes, je vis toute la gamme des émotions.  Alors, mon niveau énergétique est au plus bas, vous comprenez?

Vous vous dites sûrement : « Raison de plus pour dormir la nuit! » Je suis d’accord avec vous mais mon anxiété et mon insomnie, bien qu’elles vous remercient de vos bonnes pensées, vous demandent aussi d’être indulgents. 

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