Par Josée Durocher

Cela fait sept ans que je vis à la même adresse. Sept ans à travailler derrière mon écran et mon clavier… à ne rencontrer que très peu de personnes parce que je ne suis pas toujours bien dans le monde. Devant les gens, ça va… mais dans le monde… C’est une chose que je déteste, que je crains et que j’évite le plus possible.

Et, tout pour nourrir mes peurs, il y a ma mère et mon fils qui font ce que moi je ne peux faire… comme aller à la pharmacie du coin! 

Sept années

Il y a sept ans, lorsque j’ai emménagé chez-moi, j’ai visité la pharmacie, et tout a très mal été. Elle était bondée de monde et, puisque les ordonnances sont toujours remises à l’arrière-boutique, le petit cubicule qui sert de salle d’attente était plein à craquer.

Ce jour-là, je me suis payé une crise d’angoisse mémorable… épique. Je n’y suis donc jamais retournée. C’est mon fils qui, la plupart du temps, va chercher ce dont j’ai besoin. Mais depuis quelques années, le fait de parler souvent par téléphone aux professionnels qui y travaillent m’a fait réaliser, de plus en plus, que j’éprouve certaines limitations qui me dérangent.

Un défi relevé

Je suis loin d’être courageuse, croyez-moi! Mais aujourd’hui, j’ignore pourquoi, j’ai pris la décision de m’y rendre accompagnée de mon fils et d’aller saluer les gens qui y travaillent. Je suis donc allée cueillir moi-même mes médicaments.

C’est encore toute tremblotante que je vous écris. Mes nerfs tombent peu à peu… mais j’ai réussi. J’ai relevé le pari que je me suis lancé. J’y suis allée et j’ai demandé mon ordonnance que j’avais fait préalablement préparer. C’est timide mais somme toute souriante que j’ai demandé ma commande.

Soudain, une femme s’est approchée et m’a demandé si j’étais bien moi. J’ai acquiescé, toujours souriante. Elle m’a tendu la main, et nous nous sommes serré la pince. Et ainsi de suite… les gens venaient à moi, me saluaient et me souriaient.

La vérité

J’ai pris mon courage à deux mains et j’ai dit, toujours le sourire aux lèvres, que c’était difficile pour moi de les visiter puisque je suis nerveuse et Asperger. Bien oui, j’ai dit que je suis Asperger. On emploie de moins en moins ce terme, mais moi je l’aime et je trouve qu’il me définit bien.

Cette annonce a été non seulement comprise mais aussi agréablement reçue. J’aime mieux nommer mes limites et dire que je trouve cela difficile lorsque c’est le cas. Ainsi, je me sens comprise et acceptée.

Aujourd’hui, je vis une grande victoire sur mes peurs, sur l’inconfort et le connu. Pour certains, mon histoire se perd dans la mer d’histoires de beaucoup d’autres. Pour moi, c’est l’histoire du jour, de la semaine, voire du mois!

J’éprouve énormément de fierté à avoir accepté ce défi que je me suis lancé, un peu inconsciente de tout ce qui pourrait m’arriver. Mais j’ai bien fait puisque tout ce qui m’est arrivé est vraiment merveilleux!

En conclusion

Je suis, vous comprendrez bien, d’une humeur extraordinaire! Je suis si fière, si vous saviez!

Je souhaite relever d’autres défis du genre très bientôt. J’ai même hâte d’en relever de nouveaux. Et je vous souhaite, à vous tous qui nourrissez des peurs, qu’elles soient fondées ou non, de ne pas les laisser vous contrôler comme je laisse parfois les miennes me contrôler.

Et vous? Vous empêchez-vous de faire certaines activités ou tâches du quotidien à cause de l’anxiété et de la peur? Racontez-moi.

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