Autisme : trouver sa place

Par Josée Durocher

Il y a plusieurs humains sur terre et la plupart se cherchent une place, leur place, sans sembler la trouver. Notre place, souvenons-nous, c’est la nôtre et juste la nôtre. Personne d’autre que nous ne peut l’occuper et cela, qu’on soit neurotypique ou neuroatypique.

J’ai reçu un message d’une jeune lectrice qui me disait avoir lu mon texte Autisme et idées suicidaires. Elle me fait comprendre qu’elle a déjà été visitée par une si grande noirceur qu’elle avait souhaité en mourir. Elle me dit aussi que ce genre d’idée la revisite de temps en temps.

Elle dit chercher sa place dans ce monde qui ne semble pas la comprendre. Mêmes les personnes les plus près d’elle ont du mal à saisir tout ce que son autisme lui fait vivre.

Je sais. Je sais pour le vivre également, moi aussi et souvent, que nous avons envie de baisser les bras lorsqu’on se retrouve face à l’incompréhension. Mais je n’ai rien pu faire d’autre que d’encourager cette jeune femme si belle et bourrée de talent.

Je ne sais pas si mon message a eu écho sur ses peines passées ou s’il aura écho sur ses futurs déboires avec la déprime. Je l’espère de tout mon cœur et de toute mon âme!

La vérité toute nue
Car peu importe qu’on soit autiste au non, la vérité est que, souvent, les défis que la vie nous propose nous semblent insurmontables. Si, en plus, on se retrouve dans une catégorie à part et qu’on nous casse les oreilles avec le mot inclusion dans tout ce qui est véhiculé sur le Web ou dans les autres médias plus traditionnels et qu’on ne voit pas le bout du nez de cette inclusion, c’est décourageant.

Elle m’a aussi parlé de tous ces professionnels de la santé qu’on rencontre au gré de nos tourments ou de nos petits bobos courants. C’est fou comment certains d’entre eux ont le pouvoir de nous « briser » une journée en ne croyant pas à notre diagnostic. Certains vont même jusqu’à poser plus de questions au sujet de ceux qui ont émis le diagnostic lui-même que de nous questionner, nous, sur son impact dans notre vie!

On a assez d’être autistes, s’il faut en plus devoir nous justifier de l’être, on n’est pas sortis du bois!

Moi je dis : soutenons-nous et, ensemble, faisons de ce monde un réel monde d’inclusion et de compréhension. Bon, c’est vrai qu’on ne peut changer le monde en claquant des doigts mais on peut très bien le faire en nous affichant le plus possible, en expliquant vraiment ce que certaines interventions nous font vivre et en ayant confiance que chaque parole que nous prononçons a une portée telle que ce nouveau monde, nous sommes déjà à le bâtir.

Je n’ai plus peur de demain et j’espère que ma lectrice n’a plus peur, non plus. Mes boîtes de réception de courrier sont pleines à craquer d’autistes qui, tout comme moi, réagissent au reste du monde parce que ce monde ne les comprend tout simplement pas.

Moi, j’écris. J’écris tant et tellement que j’ose espérer que les non-autistes me liront aussi et apprendront grâce à mes tournures de phrases et mes explications.

Alors, à nous tous les neuroatypiques, je dis GO! Ne lâchons pas ce monde, prenons la place qui nous revient de droit et exprimons-nous sur l’autisme jusqu’à ce que le dernier préjugé soit vaincu!

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