Autisme : Recevoir un diagnostic tardif

Par Josée Durocher

Oh My God! Le diagnostic d’autisme est tombé et on a 30, 40 même 50 ans ou plus? Qu’à cela ne tienne! Il nous faut réagir et vite. Mais comment? Et si ne pas réagir était la bonne solution?

Depuis que j’ai moi-même été diagnostiquée autiste Asperger, je me mêle depuis, et toujours un peu plus, à la communauté autistique. Je suis sidérée de constater combien nous sommes nombreux à recevoir un diagnostic tardif. Et je vois bien que tous ne réagissent pas de la même manière à cette annonce qui peut sembler lourde de sens lorsque nous la recevons.

Effectivement, certaines personnes ne savent pas trop comment réagir, d’autres sont en état de choc mais toutes tentent de se situer dans leurs propres vies avec ce nouveau statut qu’est l’autisme et ce n’est pas toujours chose facile.

Pour ma part, et parlant de facilité, j’ai vraiment bien réagi lorsque j’ai su, cela venant expliquer tellement de choses dans ma vie passée. J’irai même jusqu’à dire que ce diagnostic a fait office de véritable baume sur la plupart de mes cicatrices m’allégeant, du coup, d’une culpabilité que je traînais depuis toujours.

Mais nous ne réagissons pas toutes et tous de la même manière et je peux comprendre que certaines personnes sont vraiment ébranlées lorsqu’on leur apprend qu’elles sont autistes.

Je reçois bon nombre de confidences et beaucoup d’entre elles se sentent diminuées comme si l’autisme venait de leur happer quelque chose de tellement important qu’elles ne seront plus jamais les mêmes pour la suite des choses!

J’aime alors leur rappeler que le temps, ce grand ami, arrangera beaucoup les choses, dont leurs perceptions, j’en suis convaincue, et elles se sentiront des personnes à part entière, à nouveau, un jour. Mais j’aime aussi leur souligner que l’autisme, s’il est vrai que son annonce est un véritable choc, a toujours été présent dans leur vie, donc, même avant le fameux diagnostic.

Ce que je tente d’expliquer est qu’on ne change pas automatiquement lorsqu’on apprend que l’on est autiste. Ce n’est pas comparable à un relooking complet au salon de beauté! Rien n’y paraît vraiment si ce n’est que nous nous connaissons mieux et, ma foi, c’est très positif quand on y pense.

C’est même heureux si vous voulez tout savoir et c’est peut-être une perception bien personnelle mais, œuvrant dans le milieu du mieux-être depuis plus d’une dizaine d’années, je peux affirmer, sans me tromper, que la plupart des gens recherchent tant cette connaissance de soi qu’ils sont prêts à investir des sommes considérables et ce, toute leur vie durant, pour mieux se connaître. Cela les apaise et leur permet d’aller de l’avant… de devenir la meilleure version d’eux-mêmes, comme on dit dans le milieu.

Et si je vous disais que je suis devenue, moi, la meilleure version de moi-même et que j’y parviens de jour en jour depuis ce diagnostic tardif que j’ai reçu? En comprenant enfin d’où je viens et de quoi je suis faite, j’ai pu mieux cibler tous mes objectifs de vie. Je ne dis pas que je les ai tous atteints, non. Mais je dis que j’y arriverai, un pas à la fois, n’ayant plus, sur mon chemin, de grosses pierres pour me barrer la route.

Je suis autiste Asperger… ça dit déjà tellement de choses sur moi! Et si j’ai eu l’impression toute ma vie d’être sur un quai à attendre la bonne vague pour me détacher et me lancer, maintenant je vogue, dans des eaux inconnues, souvent, mais tellement agréables.

Le diagnostic tardif d’autisme ne m’a rien enlevé, il m’a tout révélé!

8 Comments

  1. Venet Gigi sur 2 juin 2019 à 22 h 24 min

    Bonjour, comment un diagnostic tardif est possible.
    J’ai un fils autiste et je me reconnais en lui sur certains points.
    Quand j’ai parlé avec ses éducatrices de la possibilité que je sois autisme, personne ne m’a proposé un bilan, voire j’ai eu l’impression qu’on s’en foutait royalement.
    Alors toi, comment on te l’a diagnostiqué ?
    Merci

    • Josée Durocher sur 3 juin 2019 à 5 h 32 min

      J’ai cogné à plusieurs portes et je me suis finalement tournée vers le privé, comme la plupart des adultes, malheureusement. Ne lâchez surtout pas… Si vous ne trouvez pas réponses à vos nombreuses questions, cela vaudrait peut-être la peine d’économiser et de faire comme j’ai fait, comme nous avons été plusieurs à faire. Je vous souhaite que du beau. Jx

  2. Sylvie sur 5 juin 2019 à 12 h 05 min

    J’ai eu la même chose avec mon fils, et a l’école ils ne s’intéresse qu’à les faire entrer dans le moule, en leur prescrivant des pilules pour y arriver, en plus le mien était surdoué, ce qui fait que certains traits plus typiques selon eux étaient camouflés. Mais lui à présent, ne veux plus cette étiquette, mais moi qui me suis beaucoup reconnue en lui, j’ai poursuivi mes recherches.

  3. Richard Boisjoly sur 5 juin 2019 à 21 h 32 min

    Bonjour,j ai reçu un diagnostique à 67 ans à la Clinique Autisme Asperger.Ca m à permis de voir pourquoi toutes ces difficultés du passé et ce que j ai fais ,avec de l aide aussi ,pour m en sortir. Cela à été positif.,en enlevant un poids sur mes épaules.de cette culpabilité.

    • Josée Durocher sur 6 juin 2019 à 17 h 02 min

      Idem Richard! Jx

  4. Dom sur 9 juin 2019 à 12 h 01 min

    Vous vous êtes tourné vers le privé selon votre message précédent. Pouvez vous en dire davantage ? De quel privé parlez vous ?
    Merci

    • Josée Durocher sur 9 juin 2019 à 17 h 00 min

      Je suis allée consulter un psychologue spécialisé dans ce genre de diagnostic. Si vous cherchez un peu, vous en trouverez, c’est certain. Jx

  5. Ana sur 10 juin 2019 à 12 h 05 min

    Diagnostique de mon mari à 51 ans. Deux diagnostiques dans deux C.R.A.

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