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Autisme: quand l’émotion frappe!

Par Josée Durocher

« Soudain, il nous arrive un truc moche, vraiment moche. Cela nous fait vivre une émotion ou non.  En fait, on peut passer des jours, des mois et même des années à vivre une émotion relativement à ce qui nous est arrivé.  Et, subitement, celle-ci fait place à d’autres émotions.  Ainsi va la vie. »

Il n’est pas rare que les gens disent vivre des montagnes russes suite aux émotions vécues lors d’une épreuve.  Dans mon cas, il m’arrive de vivre tout ça aussi mais différemment.

Les différences

L’intensité est différente, le temps que me prend chaque émotion est différent et le rythme entre chacune d’elles est aussi différent.  Il paraît que je ne suis pas la seule autiste à vivre ainsi tout ce que son cœur lui dicte une fois dans l’émoi.

C’est un peu comme si je vivais les choses à contre-courant et à retardement.  Le deuil, par exemple, en fait partie.  Il y a de ça quelques années, la mort a frappé terriblement fort dans ma vie.  Pas moins de cinq personnes très importantes pour moi sont décédées en moins de temps qu’il ne le faut pour le dire.

Au début, j’avais de la peine… un peu.  Honnêtement, je me sentais gelée dans mes émotions comme si elles étaient très loin de moi.  Puis, les mois passèrent et elles m’ont rattrapée… et j’y ai goûté en pas pour rire!

Autre exemple… une injustice a fait en sorte que deux personnes, que j’aime plus que tout, se sont éloignées de moi.  Pendant des années, je ressentais colère et frustration.  Et ce soir, comme ça, sans prévenir, c’est la peine qui est débarquée à ma porte.

J’ai tellement de peine, en fait, que je ne sais pas trop quoi faire avec ce que je ressens.  Certains diront : « Il était temps! » ou encore « Pousse mais pousse égal! ».  Moi, tout ce que je sais, c’est que j’ai peine à respirer tellement la peine m’étouffe, que son étreinte est grande.

Vivre à retardement

C’est un peu le même principe pour l’empathie.  Souvent, on croit que les personnes autistes ne sont pas empathiques.  C’est faux… du moins pour la plupart d’entre nous.  C’est juste qu’on ne réagit pas de la même manière ni au même rythme que les gens qui ne sont pas autistes.

Tout nous rattrape un jour ou l’autre.  Tout finit par se vivre aussi.

Et quand ça finit par se vivre, c’est intense et ça prend toute la place.  Ça nous jette carrément par terre et on souffre tant qu’on a peine à s’imaginer qu’on respirera bien à nouveau un jour.

Les yeux dans l’eau, bouffis d’avoir déjà trop pleuré, les lèvres tremblantes et les mains hésitantes, je vous écris.  Mais j’aime encore mieux écrire que parler si vous voulez tout savoir.  Ça sort d’un trait, même tout croche et ça fait la job.

Vivre son émotion comme on le peut

Je pleure la peine que n’importe qui aurait pleuré il y a des années comme si je venais de recevoir cette gifle qui me fait si mal. Je ne sais combien de temps je me sentirai ainsi… des heures, des jours ou des mois?  Je ne sais pas.

Une chose que je sais, c’est que pour avoir déjà vécu une situation du genre, il me faut de la douceur.  Et, cette douceur, je suis la seule à pouvoir me la donner. 

Le commun des mortels dirait sûrement de prendre un bain chaud moussant aux lueurs de bougies odorantes.

Moi, tout ce qui me fait envie là, c’est mon lit.  Couchée sous une pile de couvertures pour sentir leur lourdeur avec mon chat qui me réconforte de ses ronrons pour m’endormir.

Oh, je sais.  Je ne suis pas au bout de ma peine.  Mais au moins, j’ai le lit, le chat et ma plume pour vous écrire. Et puis, la peine, ce n’est qu’une émotion.  Elle m’habitera le temps nécessaire et repartira, heureusement.

Et vous?  Êtes-vous comme moi?  Vous éprouvez de la difficulté à vivre vos émotions?  Comment les vivez-vous?

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