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Sylvie Cousineau

Autisme: pourquoi vouloir un monde inclusif?

Par Josée Durocher

Est-il si important de parler d’autisme?  Pourquoi le fais-je si souvent?  Pourquoi croire en l’inclusion à ce point quand on ne cesse de pointer mes différences?  Pourquoi vois-je en l’inclusion la seule option valable, moi qui suis souvent exposée à d’autres personnes qui ont des différences aussi grandes que les miennes, sinon plus grandes, et qui se placent elles-mêmes au-dessus de la masse comme une race à part?

Le monde comme un cercle

Je crois sincèrement que si le monde était un cercle, je ferais tout pour en faire partie, pour y trouver ma place légitime.  Je ne voudrais pas avoir cette place à côté du cercle.  Je ne voudrais pas avoir cette place au-dessus ou en-dessous du cercle non plus car je ne suis ni moins bonne ni meilleure que le reste du monde.

Non, j’ai ma place dans ce cercle et c’est à moi de la prendre.  Ce faisant, je n’enlève rien à personne et personne ne me cède quoi que ce soit.  Je suis là, j’existe, c’est tout et c’est surtout très beau!

Je crois, et de façon tout à fait honnête, que j’ai ma place en ce monde… que nous l’avons tous, peu importent les différences qui nous habitent.  Je crois en un monde fait de bonté, de partage et d’inclusion. 

Et ce monde fabuleux, je suis à le bâtir avec d’autres qui pensent, tout comme moi, que ses assises se situent dans nos ressemblances plutôt que dans nos différences.

Oui, il faut absolument célébrer la diversité, notre unicité, mais on doit par-dessus tout se rejoindre dans tout ce que nous avons en commun c’est-à-dire, notre humanité.  C’est là-dessus que nous devons miser, j’en suis certaine, pour faire un monde qui ressemblera à tout ce que nous sommes.

Être comme tout le monde

Je suis de ceux et celles qui, toute ma vie, ont tenté d’imiter les autres parce que je me sentais si différente que j’étais convaincue qu’on ne m’accepterait pas si je me faisais voir sous mon véritable jour.

Je suis maintenant de ceux et celles qui, bien que se sachant différente, unique et belle à sa manière, ne veut plus faire semblant, ne veut plus jouer à être quelqu’un d’autre mais souhaite, plus que jamais, pouvoir évoluer au même titre que tout le monde autour de moi.

Je crois en un monde inclusif…  que ceux et celles qui se heurtent à cette idée sortent eux-mêmes du cercle dont je vous parle.  Il serait triste que cela soit leur seule réponse à mon besoin d’inclusion, mais ce n’est pas vrai que je me ferai remarquer parce que je fais partie d’un groupuscule qui ne voulait pas des autres, qui se sentait moins bon ou meilleur que les autres au point de se mettre de côté lui-même.

C’est en ayant été loin des autres, du fameux cercle, par insouciance ou incompréhension, qu’on comprend qu’il n’y a pas d’avantage à l’être.  On s’y sent seul et on manque, par le fait même, la chose qui fait de nous un être à part, la diversité.

Des ensembles différents

À mettre tous ceux qui se ressemblent dans des ensembles séparés du grand cercle qu’est le monde, nous ne faisons que souligner les différences, nous ne les acceptons pas.

Je vise l’acceptation, oui.  Mais au-delà de cette acceptation, je vise un monde où tous auront leurs places ou plutôt où tous sauront prendre leurs places.  Il y a la responsabilité du monde, il y a ma responsabilité personnelle.

Depuis que j’ai un vocabulaire pour nommer mes différences, c’est drôle, je me sens de moins en moins à part du cercle dont je vous parle.  Le monde est ce cercle et j’en fais partie.  Je me reconnais le droit d’évoluer partout où les autres évoluent et, de ce fait, les autres me reconnaissent de plus en plus ce droit également.

Un monde facile à épeler

Faisons de notre monde un monde où les termes « limitations » et « différences » sont des termes qui sont faciles à épeler.  Faisons de notre monde un monde où on ne reconnait pas seulement les forces à travailler et les défis à relever, mais tout ce qui a déjà été fait, si petit soit-il, pour bien vivre notre unicité.

Faisons de ce monde un monde où le bonheur réside d’abord et avant tout, non pas dans le regard que nous posons sur les autres à longueur de journée, mais dans l’amour pour l’autre qui anime ce regard.

Et vous?  Envie de faire partie de ce monde?  Comment vous y prenez-vous?

 

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