Rabais À coup de plume
Sylvie Cousineau
CP Concept

Autisme : moi, membre du CA d’Autisme Montérégie

Par Josée Durocher

Mon fils a reçu un diagnostic tardif d’autisme à l’âge de 26 ans. En janvier dernier, presque jour pour jour après qu’il ait su qu’il est Asperger, je recevais le même diagnostic. Et, hier soir, j’ai participé à l’Assemblée générale annuelle d’Autisme Montérégie où j’ai présenté ma candidature à titre d’administratrice, comme d’autres personnes, pour siéger sur leur Conseil d’Administration.

Je suis très active sur mon blogue et d’autres médias aussi lorsque vient le temps de parler d’autisme. Encore une fois, hier soir, j’ai fait remarquer que je suis loin d’être une spécialiste de l’autisme mais que je suis, sans contredit, une spécialiste de ma vie. Je veux me servir des expériences de cette vie qui est mienne pour offrir un nouveau regard sur l’autisme.

Je prends chaque opportunité qui se présente pour sensibiliser la population et, du coup, rejoindre les gens qui sont autistes afin d’en parler en des mots positifs et lumineux.

Parce que, pour moi, savoir que je suis autiste a changé ma vie du tout au tout et de manière très positive.

Je suis convaincue que ce que certains voient comme des limitations peut être transformé en défis. Ça demande des efforts, certes, du temps aussi. Mais, dans mon cas comme pour d’autres, tout est possible.

En ce qui concerne les différences, je les vois comme de véritables richesses à exploiter au maximum. Sans mes différences, je ne me serais pas présentée à l’assemblée hier soir.

Ce n’est pas la première fois que je me frotte à ce genre d’institution. Cela étant dit, toutes ne sont pas les mêmes et je crois avoir trouvé, avec les gens d’Autisme Montérégie, une belle bande d’humains prêts à œuvrer ensemble pour une cause extraordinaire, celle de l’inclusion.

Il va sans dire que je crois sincèrement qu’en tant que société, nous avons tout à notre avantage d’inclure l’autisme à même le milieu de vie des autistes, le milieu scolaire et, bien entendu, le marché de l’emploi.

Ces différences dont j’ai fait mention plus tôt sont, ensemble, la clé principale pour ouvrir les consciences relativement à l’autisme. S’il est rare que je le fasse, je vais ici parler au nom de tous ceux qui ont, comme moi, cette condition : « Ce n’est certes pas en nous observant de loin que vous comprendrez qui nous sommes et que vous aurez envie de nous connaître davantage. C’est en nous faisant une place dès maintenant, en nous faisant notre place, que vous constaterez que nous sommes des acteurs et des actrices indispensables à la société. »

J’ai adoré mon expérience hier soir! Et bien que je sois vraiment très habituée de me cacher derrière un clavier et un écran pour la grande partie de ma vie professionnelle, m’adresser à des gens en chair et en os m’a fait le plus grand bien.

Je me suis sentie écoutée. Je me suis sentie respectée. On me voyait, on me faisait une place de choix et on respectait ce que j’exprimais. Je sais que je ne suis pas la seule personne autiste qui siège désormais sur le Conseil d’Administration d’Autisme Montérégie (Ben oui! J’ai été élue (rires)!) mais je ferai tout en mon pouvoir pour donner une voix à ceux qui ne sont pas en mesure de parler suffisamment fort pour se faire entendre.

Enfin, je veux remercier ces gens qui me rencontraient pour la première fois. J’ai très hâte de mettre l’épaule à la roue avec eux puisqu’ils sont, à mon avis, un groupe de personnes qui composent un CA comme un CA doit être composé, c’est-à-dire avec beaucoup d’humanité, un peu d’humour, du gros bon sens et de l’accueil à la pelle.

Laisser un commentaire