Autisme et médecine : encore de la sensibilisation à faire!

Par Josée Durocher

« Je connais bien la maladie de l’autisme, vous savez! », qu’elle me lança lors d’une conversation téléphonique plus tôt cet après-midi. « Ce n’est pas une maladie! », que je lui répondis du tac au tac! Malheureusement, il y a encore du chemin à parcourir, même par les médecins généralistes… Conscience autistique!

Je me suis éveillée samedi matin avec un très net inconfort lors de mes mixions, un mal de ventre et des crampes au niveau du rein droit. « Oh non! », que je me suis dit. « Pas une infection urinaire… bâtard! » Alors je n’ai fait ni une ni deux et j’ai téléphoné à ma clinique pour obtenir un rendez-vous le jour-même parce qu’en bonne autiste et hypersensible que je suis, je ne me voyais pas endurer cette douleur encore longtemps.

On m’a gentiment proposé une consultation dès l’avant-midi, ce que j’ai accepté immédiatement et sans chichi. J’allais rencontrer un nouveau médecin. Moi qui, normalement, n’aime pas trop ce genre de premier contact en urgence, j’y allais de bon cœur. J’avais mal et je voulais que cela cesse rapidement.

J’étais mal à l’aise en faisant irruption dans son bureau. Ça me prend toujours un moment pour m’acclimater à un nouveau décor et pour m’habituer à une nouvelle personne… Reste que j’ai fait étalage de mes symptômes, somme toute, très faciles à diagnostiquer.

Subitement, la médecin s’est mise à hausser le ton. J’ai reculé dans ma chaise. Et plus elle me parlait, plus elle le faisait de manière audible en appuyant sur chaque mot, chaque syllabe comme si j’étais dure de la feuille ou incapable de comprendre la portée de ses mots.

J’étais assise là et je me répétais que ça achevait. J’allais sortir bientôt avec une ordonnance en mains. Mais je ne me sentais pas bien physiquement et émotivement. J’aurais voulu lui crier par la tête de baisser le ton! J’aurais voulu lui dire tant de choses en fait, mais j’en étais absolument incapable. Je suis ainsi moi! Pas toujours capable de me défendre lorsque je me sens offensée.

Mais j’ai pris mon courage à deux mains aujourd’hui et j’ai écrit à la clinique afin de porter plainte et offrir du support concernant la sensibilisation qui pourrait être faite à leurs professionnels de la santé. « … Je le répète, je suis Asperger et cela n’a rien à voir avec mes capacités intellectuelles ou auditives! »

Ce que je ne savais pas, c’est que j’écrivais à cette même médecin qui est également directrice de la clinique! Quand elle me l’a annoncé quelques instants plus tard au téléphone, je n’ai pourtant pas bronché. J’étais alignée. Je savais très bien ce que j’avais écrit dans mon message de plainte et j’avais pesé chaque mot écrit. Aussi, je me souvenais exactement du sentiment désagréable que j’ai ressenti samedi dernier lors de mon échange avec elle. Alors, j’étais calme et j’étais curieuse aussi. Curieuse d’entendre ce qu’elle allait me dire…

Après quelques explications de part et d’autre au sujet de mon état et de son attitude de samedi dernier, j’allais la remercier d’avoir téléphoné pour tirer le tout au clair quand elle me lança : « Je connais bien la maladie de l’autisme, vous savez! » Et moi, je ne pouvais pas laisser passer ça. Je lui ai donc rappelé que l’autisme n’était pas une maladie. Je n’ai jamais vu quelqu’un se débattre autant pour revenir sur ce qu’elle venait d’affirmer!

Néanmoins, j’ai senti qu’il était temps que j’en démorde et je l’ai remerciée pour son ouverture et son accueil.

Je crois qu’il nous faut, à nous les autistes, savoir faire de la sensibilisation judicieuse. Il faut réagir lorsqu’on entend des non-sens comme ça mais il importe de montrer les dents pour sourire seulement. J’avoue avoir failli m’emporter cette fois-ci. Je trouvais ça gros qu’un médecin confonde autisme et maladie. Mais je me suis souvenu qu’une personne de bonne humeur apprend bien mieux si on lui enseigne avec le sourire!

Et vous? Vous avez des histoires du genre à raconter vous aussi?

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