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Sylvie Cousineau

Autisme: envie de tout casser!

Par Josée Durocher

Ce matin, dès mon réveil, j’avais envie de tout casser.  Je me sentais cassée, désorganisée, et j’ai paniqué.  Ça ne m’arrive pas trop souvent.  Mais dans ces moments-là, je suis toute revirée à l’envers, je n’ai plus de logique et je panique.

« Tu es très fatiguée! », me diront certains d’entre vous.  C’est vrai, je le suis mais je ne suis pas que cela.  Je suis autiste et cela m’amène à vivre certains malaises.  Ça dure un moment mais c’est intense et ce n’est certes pas gai. 

Pas juste la fatigue, c’est plus que cela

La fatigue et la charge mentale font en sorte que, de temps en temps, je vis des épisodes du genre.  N’ayez crainte, je ne suis pas du tout violente et je ne casse rien dans la réalité.  Je vis un moment de pure angoisse et ce n’est qu’en tentant de me recentrer sur moi-même que j’arrive à me calmer enfin et à passer à autre chose.

Ce matin, par exemple, ce qui me calmait plus que tout c’était la musique de Simon & Garfunkel et le fait de me passer les mains dans le visage et les cheveux.  Je sais, pour un neurotypique, c’est difficile à comprendre mais ma réalité de neuroatypique est ainsi et je ne peux rien y changer.

Quand j’étais petite, le fait de m’enrouler une mèche de cheveux entre mes doigts me détendait énormément.  Aujourd’hui, je dois les « brasser » ou les tirer jusqu’à ce que ça me fasse mal et là, j’arrive à me détendre.

Tentez d’éviter de juger

Si je vous ouvre ainsi mon monde intérieur, c’est que jamais on ne m’a vue agir ainsi, sauf de rares personnes et en de très rares occasions.  Si vous voyez quelqu’un avoir un comportement du genre, cela ne veut pas dire qu’il est à côté de la plaque.  Souvent, cela veut seulement dire qu’il a besoin d’un moment pour calmer ses tempêtes intérieures.

Je sais que beaucoup d’entre vous me liront et me jugeront mais je prends ce risque de me faire voir dans toute ma vulnérabilité.  Je ne peux pas toujours ne faire voir que les bons côtés de l’autisme, il y en a des moins jolis, comme ceux-ci, et je ne peux les ignorer.

La « crise » passée, je me sens mieux mais je suis carrément épuisée.  Je vous écris ici à bout de souffle en étant consciente que je devrai ensuite me reposer.  Avec toujours Simon & Garfunkel dans les oreilles, je vous écris ces lignes tout en rêvant à la sieste que je ferai après avoir terminé cette rédaction.

Faire “passer” la panique

Vous savez, je suis comme tout le monde… il m’arrive effectivement de vivre certaines difficultés et je comprends que les gens qui en vivent aussi peuvent se sentir paniqués.  C’est paniquant.  Le truc est donc de bien respirer, de s’autoriser à vivre la « crise » en question et de la laisser exister le temps qu’il le faudra.

Tout finit toujours par passer, ça, je l’ai bien compris et je l’ai compris tôt dans ma vie.  Le temps est mon meilleur allié et je dois lui donner la chance d’exercer son pouvoir sur tout ce que je vis et qui me dérange.

Je sais qu’après ma sieste, je me sentirai mieux.  Je me sentirai bien.  Déjà je n’ai plus cette envie folle de tout casser et je me répare tout doucement en acceptant que des choses comme ça m’arrivent de temps en temps.

Et vous?  Ça vous arrive de vous sentir dépassé?  Comment?

 

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