Rabais À coup de plume
Sylvie Cousineau
CP Concept

Autisme avec style

Par Josée Durocher

Il faut certains tissus plus mous quand d’autres, plus rigides, nous horripilent. Les étiquettes imprimées peuvent aller mais les étiquettes classiques nous dérangent. Certaines couleurs se marient bien avec nos humeurs et d’autres, bah il n’y a absolument rien à faire, on ne peut s’en vêtir. Celui ou celle qui fera une ligne de prêt-à-porter pour autistes fera de l’argent comme jamais!  Le style en autisme…

Depuis toujours, je tente de suivre les modes mais les modes passent sans que je ne sois pour autant une mordue de celles-ci puisque chacune d’entre elles, à chaque saison, apporte son lot de matières complètement loufoques à porter.

J’ai besoin, pour être bien et profiter pleinement de mes journées, de vêtements par lesquels je peux exprimer une certaine forme de créativité et… de liberté.

Bien que j’aime de plus en plus avoir quelques items fleuris ou colorés, j’affectionne particulièrement les tissus souples, pas trop criards et confortables. Reste que si je suis plutôt bien équipée côté vêtements, j’ai du mal à les choisir chaque matin et il m’arrive même d’en changer plusieurs fois par jour.

Tiens, un étiquette que j’ai oublié d’enlever. Tiens, une taille trop lousse ou trop serrée. Tiens, je ne me sens plus bien dans cette couleur précise. Tiens, tiens, tiens!

Pour ceux qui ne me connaissent pas, je dois, au nombre de changement de vêtements journalièrement, être une femme qui a raté sa vocation de marcher les podiums pour défiler. Mais je suis loin de tomber dans le mannequinat et je suis loin de me sentir confortable en tout temps.

D’ailleurs, bien que je le fasse souvent, magasiner pour me vêtir m’est de moins en moins plaisant. Ou devrais-je plutôt dire, que mon retour à la maison avec mes achats ne l’est pas. Car il m’est carrément impossible de faire l’essayage de mes achats (mis à part les chaussures ou les manteaux) dans les cabines d’essayage. Je ne m’y sens vraiment pas à l’aise et c’est plus fort que moi, je ne peux pas.

Alors je reviens chez moi avec des tailles approximatives en espérant que le tout m’aille et, si je suis chanceuse, je lave et je range sinon je dois tout retourner dans les boutiques.

Je n’aime pas magasiner les weekends. J’y vais quand j’y suis obligée. Mon jour de magasinage de prédilection est souvent le lundi puisque, à moins que ce ne soit congé pour la majorité des gens, c’est plus tranquille ainsi, en début de semaine.

Je déteste aller magasiner seule mais je ne peux pas dire que je raffole de m’y rendre accompagnée non plus. Les « essaie ça » ou les « cela t’irait bien, il me semble » n’ont pas écho en moi. Je suis difficile et parce que les articles achetés doivent remplir différents critères, je n’aime pas beaucoup qu’on vienne se mêler de mon plan pré-établi.

Je ne suis pas contre l’aide que peuvent m’apporter les vendeurs et vendeuses mais je déteste carrément qu’on m’accable dès que je mets un pied en boutique. Dans ce temps-là, je me sens agressée et je trouve le comportement de l’autre intrusif.

Finalement, j’adore me vêtir de mes plus beaux atours mais dans un style qui est mien, composé de plusieurs modes présentes ou passées… ou futures!

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