À la douce mémoire de Johanne Fontaine

Par Josée Durocher

J’écris ce texte pour moi et pour tous les autres qui la pleurent en ce moment. Je l’aimais, Johanne Fontaine, comme tout le Québec l’aimait.

J’ai eu la chance de la côtoyer. Pas comme nous l’aurions voulu, mais tout de même. Je suis très affectée par son départ. Ce long voyage qu’elle préparait depuis longtemps… trop longtemps.

La dernière fois que nous nous sommes retrouvées seules elle et moi, nous avons discuté de tout un paquet d’affaires des plus stupides aux plus sérieuses. Elle était comme ça ma relation avec Johanne, une relation où nous avions le droit toutes les deux d’être nous-mêmes.

Je me souviens, on prenait un café au lait à la brûlerie du coin. Elle s’était déplacée pour venir me rejoindre. Tout simplement, elle était arrivée comme à l’accoutumée en me lançant un grand et très bruyant « Salut ! »

Bon sang que je l’aimais ! J’aimais son audace, sa détermination, sa simplicité et, au risque de déplaire, j’ai aussi aimé ses colères. J’y voyais là une femme engagée, très engagée, mais très sensible aussi.

C’est d’elle que j’ai envie de vous parler. Je l’appelais ma douce amie. La première fois, elle en avait été surprise. « Moi ? Douce ? Tu me trouves douce ? C’est bien la première fois qu’on me dit ça, tu sais ! »

Oui, douce et vulnérable… Johanne, la douce guerrière qui portait les dentelles et faisait danser les crinolines comme nulle autre. Il faut être solide et vraiment douce pour danser avec un cancer qui est arrivé à l’improviste il y a 8 ans sans jamais la quitter vraiment depuis. Il faut être conciliante.

J’ai beaucoup appris avec elle. Mes balbutiements d’affirmations, je les ai faits grâce à elle. C’est qu’elle n’avait pas la langue dans sa poche, mon amie Johanne ! Et j’ai appris par l’exemple, souvent.

J’ai ri. J’ai tellement ri avec elle. Et je l’ai trouvée attendrissante aussi. Quand je lui demandais une entrevue, elle me répondait toujours par l’affirmative. Je savais qu’en demandant ainsi j’aurais un oui pour réponse. Généreuse, elle était.

Et quand je démarrais un projet, elle était une des premières personnes à qui j’en parlais. Elle m’a déjà avoué qu’elle se serait sentie mise de côté sinon. Mais jamais je n’aurais eu l’envie de la mettre de côté de cette façon.

Johanne, c’était aussi la vie ! La vie dans tout ce qu’on pense de la vie. Avec ses hauts et ses bas gargantuesques ! Johanne, même si elle donnait l’impression d’être un personnage pour certains, était vraie et, pour cela, je l’aimais.

À cette amie qui par son départ fait pleurer les cœurs, je dis « haut les cœurs » comme elle le disait souvent. Tout cet amour et cette énergie qu’elle nous a laissés, à nous maintenant de les utiliser.

Parce qu’elle était et qu’elle sera toujours une amie chère pour moi et pour la majorité des gens qui l’ont connue, j’irai m’acheter un bouquet de fleurs coupées. Elle les aimait particulièrement. Et je me donnerai la permission de pleurer tant que la blessure de la coupure sera présente. Assise là, devant mes fleurs coupées, à me remémorer nos moments passés.

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