Jalouser les « preneux » de places

Jalouser les « preneux » de place

Par Josée Durocher

 

Certains le font bien naturellement et tout simplement, d’autres sont moins convaincus… Prendre notre place, celle qui nous revient de droit, sans enlever quoi que ce soit à l’autre, c’est ce qu’il y a de plus beau et de plus grand !  Merde à la jalousie et l’envie!

J’ai souvent été effacée… je n’osais pas prendre de la place. J’avais tout pour moi, et pourtant ! Je ne m’en rendais pas compte. Toutefois, je remarquais ceux qui « osaient » prendre place. Et, bon sang ! Qu’ils me tombaient sur les nerfs.

Sont ensuite arrivés les réseaux sociaux. Avec leurs égoportraits, la plupart des gens se montraient dans des situations différentes à faire des activités différentes. Jamais je n’aurais avoué ce fait, mais je les enviais grave ceux qui maniaient du cellulaire pour prendre leurs clichés en sachant attirer l’attention.

Je les enviais, oui.   Et plutôt que de me l’admettre, je faisais la hautaine et je les jugeais. « Pour qui se prend-il, lui ? Ou encore, elle se trouve réellement jolie dans cet accoutrement ? »

L’orgueil est mauvaise conseillère et j’en rajoutais. Je jugeais. Je jugeais également ceux qui, dans un groupe, comme lors d’un atelier, semblaient prendre toute la place. Moi, je me taisais ou plutôt j’étais terrée dans un mutisme certain par tous mes complexes.

Je me dépréciais intérieurement, mais j’affichais un air de supériorité devant les autres. Jusqu’au jour où quelqu’un me prit par la main et me dit que je l’inspirais énormément par mon silence, par le fait de ne pas rechercher l’attention à tout prix, donc par mon inaction dans un groupe ou sur les médias sociaux.

Un déclic s’est fait en moi. J’ai compris que j’étais verte de jalousie, mais que je me cachais derrière une humilité éhontée comme un mauvais « make up » beurré épais dans la face.

C’est là que, je me suis avoué la première fois que je voulais, moi aussi, prendre cette place qui me revenait de droit. Parce que nous en avons tous une, vous savez. Et la prendre n’enlève rien à personne.

Mais voilà, après tellement d’années (autant d’années d’existence), je ne savais pas trop comment m’y prendre et j’angoissais à la seule idée de dire mon opinion à un groupe composé de… deux personnes !

Oui, pour moi, deux personnes formaient un groupe. Ai-je besoin ici de spécifier que devant un groupe de trente, on aurait dit que le chat m’avait mangé la langue tellement j’étais anxieuse de prendre la parole ?

J’ai eu du coaching pour me sortir de ma torpeur. De bons amis m’ont aussi aidée par leurs conseils judicieux afin de prendre parole, prendre ma place. Je me suis même payé un cours pour savoir comment prendre la parole devant public.

Mais, depuis un moment, j’ignore ce qui s’est passé en fait, si je me suis dégênée tout d’un coup ou si mes perceptions ont changé à ce point, je n’ai plus peur du tout.

Je m’accorde de la valeur, voilà ! Je sais pertinemment qu’il existe des gens plus doués que moi, moins anxieux et plus à l’aise, mais je sais aussi que je peux me débrouiller, si besoin il y a.

Prendre ma place, tout doucement au début et maintenant à fond la caisse, m’aura permis de déterminer ma réelle nature. S’il faut attendre d’avoir le courage pour foncer, souvent, il faut aussi lâcher-prise et foncer sans courage.

Aujourd’hui, je trouve très belles les personnes qui savent s’exprimer devant les autres, qui affichent leurs plus beaux sourires devant l’objectif de leur appareil photo et qui partagent allègrement leurs différentes prouesses sur les médias sociaux.

Depuis que j’ose prendre ma place, je ne jalouse plus les autres et je ne les juge plus non plus. On est comme on est et je suis une version de moi-même que j’aime.

Oui, il n’y a rien de plus beau que quelqu’un qui prend sa place, car il se donne le droit de bâtir une plus grande estime de lui-même et une plus grande confiance en lui.

Jamais plus je ne vais juger les autres parce qu’ils peuvent accomplir des choses que je suis présentement incapable d’accomplir.

Je vais m’en inspirer cependant puisque la jalousie est une forme d’inspiration à contre-sens… Je vais me remettre dans le bon sens !

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