BAD maman!

Par Josée Durocher

Je l’avoue d’emblée, je ne suis pas ce qu’on considère une mère parfaite, mais je m’assume entièrement dans ce rôle que j’embrasse depuis maintenant… OMG!  Mes vergetures sont si vieilles maintenant (rires)! Bad maman!

J’ai connu des hauts et j’ai connu des bas en tant que parent monoparental.  J’ai eu du mal à discipliner mes enfants puisque je me sentais terriblement coupable du divorce d’avec leur père.  Qui plus est, je les soupçonne même d’avoir joué sur mon gros nerf maternel déjà bien tendu afin d’obtenir des passe-droits et de quelconque trucs qu’un jeune a « réellement » besoin (rires).

Vous voyez?  Je prends tout ça en riant.  Comment le prendre autrement?  Ma foi, si je n’en riais pas, je serais en dépression perpétuelle!

Je me retrouve à 49 ans, nostalgique du temps où on tirait à trois sur ma jupe afin que je mouche des nez, que j’embrasse des bobos imaginaires… et des vrais et que je donne amour et tendresse à qui le demandait.

Je repense à ce temps où, telle une guerrière allaitant la p’tite dernière, je faisais mon ménage pour que tout soit complètement nickel, que je faisais mes conserves durant l’avant-midi et que je pensais déjà au souper que je cuisinerais en début d’après-midi.

J’ai été de ces femmes qui, un peu trop vieux jeu, trouvaient important que la maison soit belle, que le souper soit beau et que je sois moi-même belle (même la jupe pleine de morve (rires)) pour mon petit mari.

Cette image idyllique n’a duré qu’un temps, vous vous imaginez bien, puisque la routine m’a eue et que j’ai craqué.  J’ai aussi craqué pour un papa du comité de parents qui, honnêtement, savait me remonter le moral en une phrase quand mon mari ne me remarquait même plus.

Ah, l’euphorie d’être mère, cernée, fatiguée, épuisée et sexy tout de même!

L’amour s’étant allé, mon couple battant de l’aile depuis un bon moment déjà, j’ai été le « monstre » qui a mis fin à cette supercherie.  Et c’est là, oui là, en cet instant bien précis qu’on m’a affublée pour la première fois du qualificatif de mauvaise mère.

Je brisais la famille! Je brisais le mensonge… les apparences.  Et ça « clashait » avec l’image parfaite de la mère et de l’épouse parfaite que j’avais mis des années à construire.  Du coup, j’en ai été chavirée aussi, si bien que j’ai cru, et je l’ai cru pendant longtemps, que j’étais bad jusqu’à l’os et bad dans tout.

C’est là que le sentiment de culpabilité (moi qui me sentais déjà coupable d’exister) a fait son entrée dans ma vie pour ne me quitter que des décennies plus tard. L’autoflagellation est devenue un mode de vie… et c’est sans compter les coups de fouet que je recevais des autres!

Croyez-le ou non, ma vie ne tourne pas encore au quart de tour.  Les enfants ont grandi, les problèmes aussi.  Les inquiétudes ont suivi et moi, oui moi, même si la culpabilité a disparu, je suis éprouvée de différentes façons.

Un billet de blogue n’est pas suffisant pour vous entretenir de tout ça.  Je ne voulais, en réalité, que déterrer le fait que je suis encore considérée comme une bad maman, mais si c’est ainsi, c’est parce que j’ai fait des choix et vous savez quoi?  Je ne regrette rien. 

J’ai appris qu’à regretter, on oublie de vivre ce qu’Il nous reste de vie à vivre.  À quoi bon alors?  Aussi bien ne regarder en arrière que pour les beaux moments – et il y en a eu à la pelle – et regarder en avant tout ce qu’il y a de plus beau encore.

Pour ce qui est du moment présent, même si je ne suis pas d’accord avec le qualificatif de bad maman qu’on m’a accolé comme une condamnation à vie, j’aime bien sa résonnance… parce que si être bad veut dire qu’on vit sa vie à fond, laissez-moi vous dire que je suis bad comme dans tout ce qui est cool d’être bad.

Alors vive les cernes incrustés, le cache-cernes donc; vive le tour de taille qui en a pris un coup et vive ces vergetures qui me confèrent le titre merveilleux de maman.  Bad maman!

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