La force de la vulnérabilité

Par Josée Durocher

Être vulnérable ou plutôt se montrer vulnérable en relation est une force en soi. Si le fait de faire confiance implique le risque du rejet, oser être soi, authentique et sincère implique également qu’on nous aime pour nous-mêmes dans tout ce que cela veut dire. Ah l’amour et l’amitié!

Hier soir, j’étais attablée dans un petit bistro italien avec France, ma complice-correctrice de billets de blogue signés à la tonne ces temps-ci. Nous papotions sur différents sujets et je me disais qu’elle était belle et forte parce que sensible et vraie.

Ce que vous ignorez, c’est que France est en fait une tante que j’avais perdue de vue depuis environ une trentaine d’années. Nos retrouvailles se sont faites dans la joie et, depuis ce temps, notre amitié grandit à une vitesse fulgurante.

Mais qui dit nouvelle amitié dit aussi don de soi. J’étais là à la regarder hier soir avec un regret en tête : celui de ne pas être tout à fait authentique avec elle.

J’ai, avec l’âge – peut-être est-ce la sagesse qui fait ça – besoin d’être qui je suis tout le temps et surtout avec les gens qui comptent pour moi. Cent fois, je me suis mordillé la lèvre inférieure à vouloir lui dire… mais je ne lui disais pas.

À mon retour chez moi, un peu plus tard en soirée, je me suis ouvert à elle par écrit sur un sujet délicat pour moi. J’ignore pourquoi, mais la fameuse peur du rejet est embarquée et je n’ai pu aller jusqu’au bout de ma pensée.

Avec le temps et les années, j’ai perdu plusieurs personnes bien avant leur temps et d’autres ont mis un temps fou à mourir sans que je ne m’ouvre à eux véritablement. Il n’y a rien de pire que les regrets, si bien que je me suis promis de toujours dire aux gens que j’aime à quel point ils comptent pour moi.

Des « je t’aime », j’en dis souvent, mais il est vrai que, même si notre relation, date à France et moi, le « je t’aime » se veut un peu plus timide…

Alors, c’est par un billet de blogue, celui-ci, que je le lui dirai. Je t’aime, France, pour tout ce que tu es et tout ce que tu représentes.

Tu es importante pour moi et pas seulement parce que tu corriges mes écrits quoique, sans toi, je serais complètement perdue. Et ce n’est pas exagéré de l’écrire.

J’ai appris à me nommer et, comme bien des gens, le plus difficile est de le faire à ceux que j’affectionne particulièrement. La peur de les voir partir en courant, de vieilles peurs infondées, refont surface et il m’est alors impossible de les surmonter.

Mais là, je dis « c’est assez! »  Je ne veux plus passer ma vie à me taire ou à ravaler ce dont j’ai envie ou besoin de dire afin de mieux bâtir mes relations interpersonnelles.

Moi je parle de France, mais je pourrais parler de Céline, de Marie-Line, de Pascale, d’Hélène, de Michel, de Patricia, de Louise et de bien d’autres encore.

Ce que je tente de dire est qu’il importe d’éviter les regrets. L’évitement dans ce cas est prescrit!

Et vous? Avez-vous des non-dits gentils en relation? Parce qu’il est intéressant de remarquer qu’on fait plus souvent de reproches que l’on dit des mots empreints d’amour. Il existe un malaise à l’amour.

Alors, aujourd’hui, je vous encourage tous et toutes à vous nommer en relation et à dire aux autres à quel point vous les aimez et pourquoi. 

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